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Charles III aux Bermudes : le poids du passé colonial sur les épaules du souverain

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Le roi Charles III a consacré une partie de sa visite aux Bermudes à la mémoire de l’esclavage, un sujet sensible pour la monarchie britannique, sans toutefois formuler les excuses attendues par les victimes de la traite négrière.

Lors de sa première visite officielle dans un territoire d’outre-mer britannique en tant que souverain, Charles III a été confronté à l’histoire douloureuse de l’esclavage. Accueilli vendredi aux Bermudes, archipel de l’Atlantique, le monarque a assisté à des danses traditionnelles issues du folklore local, dont les masques et les costumes évoquent les chaînes et l’interdiction de s’exprimer imposées aux esclaves. Il a également visité une exposition au Musée national des Bermudes, qui expose notamment des colliers de fer datant du XVIe siècle, vestiges de la traite des esclaves.

La question des réparations financières ou d’excuses officielles pour ce passé reste un point d’achoppement. De nombreux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique réclament au Royaume-Uni et à d’autres puissances européennes une reconnaissance politique de leurs responsabilités. Lors du sommet du Commonwealth aux Samoa en octobre 2024, Charles III avait évité de présenter des excuses, préférant appeler à « rejeter le langage de la division ».

Le souverain a toutefois marqué les esprits lors d’une réception à la résidence du gouverneur, en s’excusant avec humour du retard de sa venue. « On m’a dit, à ma grande surprise, que c’est la première fois en 400 ans d’histoire des Bermudes que les îles accueillent un roi régnant. Je suis terriblement désolé que cela ait pris autant de temps », a-t-il lancé, provoquant les rires de l’assistance. Sa mère, la reine Elizabeth II, s’était rendue à plusieurs reprises dans l’archipel durant son règne.

Cette étape bermudienne conclut une tournée dominée par la visite d’État aux États-Unis, largement saluée comme un succès diplomatique. Charles III a notamment prononcé un discours devant le Congrès américain, devenant le deuxième souverain britannique à s’y exprimer après Elizabeth II en 1991. Il y a appelé à une « détermination sans faille » pour la défense de l’Ukraine, évoqué l’équilibre des pouvoirs et le changement climatique, des sujets sensibles pour les soutiens républicains de Donald Trump.

Le président américain, fasciné par le faste de la monarchie, a salué « le plus formidable des rois » et annoncé la suppression des droits de douane sur le whisky écossais « en l’honneur du roi et de la reine du Royaume-Uni ». Charles III doit quitter les Bermudes samedi pour regagner l’Angleterre.

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