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Les États-Unis réduisent leur présence militaire en Allemagne de 5 000 soldats

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Le Pentagone a annoncé le retrait d’environ 5 000 militaires américains stationnés en Allemagne dans un délai d’un an, une décision qui reflète les tensions croissantes entre Washington et Berlin sur la gestion du conflit iranien.

Alors que les pourparlers en vue d’une issue négociée au Moyen-Orient restent bloqués, le président américain multiplie les critiques à l’encontre de ses partenaires européens, estimant que leur soutien fait défaut dans l’offensive militaire lancée contre la République islamique fin février. Après avoir brandi la menace de droits de douane supplémentaires sur les automobiles européennes, l’administration américaine a officialisé un désengagement qui concerne près de 15% des 36 000 soldats déployés outre-Rhin.

Le porte-parole du département de la Défense, Sean Parnell, a précisé dans un communiqué que l’opération devrait s’achever dans un intervalle de six à douze mois. Cette annonce fait suite aux propos tenus par Donald Trump en début de semaine, lorsqu’il avait évoqué une possible réduction des effectifs américains en Allemagne, pays pourtant membre de l’OTAN. Le président républicain réagissait alors aux déclarations du chancelier Friedrich Merz, qui avait jugé que les Américains ne disposaient « visiblement d’aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale.

« Il croit que laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire est acceptable. Il ne maîtrise pas son sujet », avait rétorqué Donald Trump mardi. Sans répondre directement à ces attaques, Friedrich Merz a plaidé jeudi pour « un partenariat transatlantique fiable ».

Par ailleurs, le locataire de la Maison-Blanche s’en est pris indirectement à l’Allemagne en annonçant son intention de porter à 25% « la semaine prochaine » les taxes douanières sur les véhicules importés depuis l’Union européenne. Il reproche à Bruxelles de ne pas appliquer l’accord commercial conclu l’été dernier, alors même que le processus de ratification n’est pas achevé au sein des Vingt-Sept. La délégation européenne à Washington a répondu que l’Union « met en œuvre les engagements pris » avec les États-Unis « conformément aux pratiques législatives habituelles, en tenant le gouvernement américain pleinement informé ». Elle a ajouté que si Washington ne respectait pas sa part du contrat, « toutes les options resteraient ouvertes pour défendre les intérêts de l’UE ».

L’industrie automobile allemande serait particulièrement affectée par une telle mesure. Donald Trump a d’ailleurs accusé les constructeurs Mercedes et BMW d’avoir « dépouillé » les Américains « pendant des années ». Le président républicain reproche surtout aux alliés européens leur réticence à contribuer logistiquement ou militairement à l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, ainsi qu’à la sécurisation du détroit d’Ormuz, pratiquement bloqué par Téhéran.

Depuis le début de ses deux mandats, Donald Trump n’a cessé de dénoncer ce qu’il perçoit comme un engagement insuffisant des pays européens dans leur propre défense, tout en critiquant l’OTAN pour sa dépendance excessive à la protection militaire américaine.

La présence américaine en Allemagne, bien que considérablement réduite depuis la fin de la Guerre froide, demeure un élément central de la politique de sécurité allemande, notamment face à la menace russe amplifiée par l’invasion de l’Ukraine. Elle représente également des milliers d’emplois et de contrats pour une économie allemande en difficulté.

« Réduire notre présence militaire en Europe alors que les forces russes continuent d’attaquer l’Ukraine sans pitié et de harceler nos alliés de l’OTAN constitue un cadeau inestimable pour Vladimir Poutine et laisse entendre que les engagements américains envers nos alliés dépendent de l’humeur du président », a dénoncé le sénateur démocrate Jack Reed.

Outre l’Allemagne, Donald Trump a également évoqué jeudi une possible réduction des effectifs américains en Italie et en Espagne, toujours dans le contexte du conflit iranien. « L’Italie n’a été d’aucune aide et l’Espagne a été odieuse, absolument odieuse », a-t-il déclaré. Fin 2025, l’Italie comptait 12 662 soldats américains en service actif et l’Espagne 3 814, selon les chiffres officiels. L’Union européenne a rappelé jeudi que la présence de troupes américaines en Europe servait « également les intérêts des États-Unis dans le cadre de leur action à l’échelle mondiale ».

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