Monde
1er-Mai au Venezuela : une hausse jugée dérisoire déclenche la colère des travailleurs
Quelque 1 500 personnes ont défilé vendredi à Caracas pour dénoncer l’augmentation de 26 % du revenu minimum, jugée insuffisante face à une inflation galopante. D’autres rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes du pays.
La présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a pris la tête de l’État après la capture de Nicolas Maduro en janvier par les forces américaines, a annoncé jeudi une revalorisation du « revenu minimum intégral » de 190 à 240 dollars par mois. Cette mesure, présentée comme la plus significative des dernières années, n’a pas convaincu les manifestants. Ce revenu se compose en réalité d’un salaire de base dérisoire, inférieur à 30 cents par mois, auquel s’ajoutent des primes alimentaires et dites de « guerre économique », instaurées par le pouvoir pour éviter d’augmenter le salaire minimum et les cotisations sociales.
« Une prime n’est pas un salaire », ont scandé les participants, qui ont parcouru environ quatre kilomètres dans le centre de la capitale. Des policiers antiémeutes ont barré certaines artères sans que des affrontements ne soient signalés. Franklin Velasquez, un dirigeant syndical de 61 ans, a qualifié cette hausse de « blague » et de « tromperie », soulignant que les travailleurs vénézuéliens ignorent désormais quel est le véritable salaire minimum.
Pour de nombreux manifestants, cette revalorisation est loin de répondre aux besoins. Juraina Palacios, enseignante de 55 ans, a estimé que l’annonce de la présidente relevait d’un « abus ». Le panier alimentaire de base pour une famille de cinq personnes s’élève à 700 dollars par mois, un montant inaccessible pour la plupart des ménages. L’économie vénézuélienne, minée par des années d’inflation et de crise, ne montre aucun signe de redressement. L’inflation a atteint 475 % en 2025, un record mondial, tandis que le produit intérieur brut a chuté de 80 % entre 2012 et 2021, malgré les plus grandes réserves pétrolières de la planète.
La présidente Rodriguez mise sur des réformes des lois sur le pétrole et le code minier pour attirer des investissements privés et relancer l’activité. Mais les syndicats restent sceptiques. À Barinas, dans le sud-ouest du pays, région natale d’Hugo Chavez, des centaines de personnes se sont rassemblées. José Patines, un syndicaliste, a dénoncé une injustice : « Le travailleur ne peut pas continuer à porter sur ses épaules une crise qu’il n’a pas provoquée. »
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