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L’ancien procureur face à la défense au procès Jubillar

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Un magistrat convoqué à la barre dans une affaire de disparition où l’accusé conteste fermement les charges retenues contre lui.

L’ancien procureur de la République de Toulouse a comparu lundi devant la cour d’assises du Tarn, à la demande des avocats de la défense. Cette convocation, qualifiée d’inédite par certains observateurs, intervient dans le cadre du procès de Cédric Jubillar, poursuivi pour le meurtre de son épouse Delphine, dont le corps n’a jamais été retrouvé après sa disparition en décembre 2020. La défense estime que les déclarations publiques du magistrat, lors d’une conférence de presse tenue en juin 2021, ont gravement porté atteinte à la présomption d’innocence de son client.

Face aux questions des conseils de l’accusé, Dominique Alzéari a défendu son intervention médiatique, soulignant avoir uniquement présenté des éléments objectifs et vérifiables alors que l’enquête venait de connaître un tournant décisif. Il a précisé n’avoir à l’époque évoqué que des indices, et non des preuves formelles. Les avocats de la défense, Me Alexandre Martin et Me Emmanuelle Franck, lui ont cependant reproché d’avoir, selon eux, influencé l’opinion publique en qualifiant les déclarations de l’intéressé d’« évolutives et mensongères », et en jugeant « crédible » le témoignage du jeune fils du couple.

L’un des avocats a même évoqué un « péché originel » dans la procédure, imputant à cette conférence de presse l’origine de ce qu’il présente comme des informations erronées diffusées dans l’affaire. Plusieurs points factuels ont été contestés, notamment concernant les horaires des communications, la connaissance par l’accusé d’une relation extraconjugale, ou encore des détails liés à la vie domestique du couple. Le magistrat a reconnu de possibles approximations, tout en maintenant qu’il s’était appuyé sur les données alors transmises par les enquêteurs.

L’avocat général a pour sa part exprimé des réserves sur l’utilité de cette audition, rappelant le rôle traditionnel du parquet en matière d’information du public. En marge des débats, Me Philippe Pressecq, représentant une cousine de la disparue, a jugé que cette initiative de la défense n’affaiblissait pas, selon lui, la solidité des charges retenues.

Le procès se poursuit dans une atmosphère tendue, marquée par un vif intérêt du public. Certains observateurs relèvent que la présence d’un procureur comme témoin reste exceptionnelle en assises. La décision des jurés est attendue pour le 17 octobre, après quatre semaines d’audience.

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