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Liban et Iran sous tension malgré la prolongation de la trêve

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Le cessez-le-feu libanais, prolongé de trois semaines, demeure extrêmement précaire, tandis que les discussions avec l’Iran restent au point mort.

Vendredi, la trêve au Liban, étendue pour une durée de vingt et un jours, conserve une grande fragilité. Le Hezbollah, soutenu par Téhéran, accuse Israël de ne pas respecter l’accord et se dit prêt à répondre à ce qu’il qualifie d’agressions. En parallèle, la situation avec l’Iran reste figée, sans aucune avancée vers une reprise des pourparlers destinés à établir une paix durable dans la région.

Jeudi, Donald Trump a officialisé le prolongement de la trêve libanaise, alors que le pays est plongé dans un conflit armé depuis fin février, marqué par des frappes israélo-américaines sur Téhéran. Le Hezbollah, qui refuse de participer aux discussions entre représentants israéliens et libanais organisées à Washington, a vivement critiqué cette décision. L’un de ses députés, Ali Fayad, a jugé la prolongation dénuée de sens face aux actes hostiles persistants d’Israël. Le mouvement chiite se réserve le droit de riposter à toute agression, selon un communiqué diffusé par ses soins.

La trêve, en vigueur depuis le 17 avril mais régulièrement violée, devait expirer dimanche. Depuis le 2 mars, date de la reprise des hostilités par le Hezbollah contre Israël, le conflit a causé plus de 2 400 morts et un million de déplacés au Liban. Donald Trump a assuré que les États-Unis travailleraient avec le Liban pour le protéger du Hezbollah, alors que l’organisation chiite poursuit ses opérations dans le sud du pays. Israël y entend créer une zone de sécurité, ce qui se traduit par la destruction de villages et des bombardements.

À Tyr, Mohamad Ali Hijazi fouillait encore les décombres d’un immeuble à la recherche de souvenirs de sa famille, dont cinq membres ont péri lors d’une frappe israélienne survenue quelques minutes avant la première trêve. Je n’ai toujours pas compris ce qui s’est passé, confie ce Franco-Libanais de 48 ans. Ma vie a été détruite. Je n’ai pas dormi depuis cinq jours. J’ai l’impression que mon cœur va s’arrêter. Par ailleurs, la Finul, la force de l’ONU, a annoncé vendredi la mort d’un de ses Casques bleus indonésiens, blessé le 29 mars dans le sud du pays.

Résolument optimiste, Donald Trump a déclaré s’attendre à une rencontre entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun dans les semaines à venir. Une telle réunion serait historique pour ces deux pays techniquement en état de guerre depuis 1948. Le président libanais, qui a jusqu’à présent écarté cette perspective, doit participer vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh, ainsi que du prince héritier de Jordanie, Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept entendent s’engager davantage pour la désescalade au Moyen-Orient, ont-ils affirmé vendredi à Chypre. Nous avons tous intérêt à ce que la stabilité revienne le plus vite possible, a estimé le président français Emmanuel Macron, tandis que Donald Trump semble moins pressé.

Ce dernier a affirmé avoir tout le temps du monde pour négocier une paix avec l’Iran, tout en maintenant une pression militaire. Un troisième porte-avions américain, le George Bush, navigue à proximité de la région. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a de son côté indiqué n’attendre que le feu vert des États-Unis pour reprendre les frappes contre l’Iran. Les négociations diplomatiques, qui devaient reprendre en début de semaine à Islamabad entre les belligérants américain et iranien après un échec le 11 avril, sont toujours dans l’impasse. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s’est néanmoins entretenu vendredi avec son homologue pakistanais Ishaq Dar, ainsi qu’avec le puissant chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir.

Le président américain a évoqué des divisions au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die des discussions. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux « un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin ». Près de deux mois après son déclenchement, la guerre continue de peser sur les marchés de l’énergie et sur l’économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitaient 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux avant le conflit, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Bien que les frappes iraniennes aient cessé dans le Golfe, la situation reste instable. Deux drones en provenance d’Irak ont visé des postes-frontières dans le nord du Koweït, a déclaré vendredi l’armée koweïtienne, rapportant des dégâts mais aucune victime.

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