Économie
Face à la flambée des hydrocarbures, des alternatives locales émergent
Géothermie en France, briquettes végétales au Tchad, panneaux solaires au Pakistan : face à la crise énergétique mondiale, des solutions concrètes se déploient pour réduire la dépendance au pétrole et au gaz.
Alors que le conflit au Moyen-Orient a provoqué une envolée des prix des hydrocarbures, de nombreux pays cherchent des voies de sortie. Dès les premières semaines du conflit, la fumée du charbon de bois a recouvert New Delhi. De l’Italie à la Thaïlande, plusieurs nations ont accru leur recours au charbon pour maintenir leur approvisionnement électrique et contenir les coûts, une solution locale mais lourde de conséquences sanitaires et environnementales.
D’autres États, à l’image de la France ou des Philippines, ont choisi d’accélérer leurs programmes d’électrification et de développement des énergies renouvelables. Cette transition prend toutefois du temps. Alors que la crise énergétique consécutive au blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran semble devoir persister, des alternatives au gaz et au pétrole se mettent en place.
En région parisienne, une résidence a longtemps hésité avant d’abandonner le chauffage au gaz pour la géothermie. Depuis le début de l’année, ses habitants bénéficient d’un réseau captant la chaleur naturelle du sous-sol. Une retraitée de 69 ans, Anne Chatelain, se réjouit d’une baisse annoncée de 20% des charges de chauffage et d’eau chaude pour les exercices à venir, alors que la facture énergétique mondiale ne cesse de grimper. Cette technique permet à la fois de décarboner la production de chaleur et de s’affranchir des fluctuations géopolitiques, selon un responsable d’ENGIE. La géothermie de surface exploite la température du sol à moins de 200 mètres de profondeur, tandis que la géothermie profonde puise de l’eau chaude entre 80 et 150°C à plus de mille mètres. Un responsable de l’Université Gustave Eiffel indique que les économies réalisées sur le coût de la chaleur par rapport aux énergies fossiles atteignent 25 à 30% depuis 2023. Cependant, cette solution nécessite un sous-sol adapté et reste freinée par des investissements initiaux élevés et des incertitudes géologiques, comme l’a récemment souligné la Cour des comptes. En France, la géothermie ne représente encore qu’environ 1% de la consommation finale de chaleur.
Au Tchad, une innovation locale permet de cuisiner sans recourir au bois. Des briquettes, ressemblant à du charbon de bois, sont fabriquées à partir de déchets végétaux tels que les tiges de mil et de sésame, les rafles et les palmes de rônier. Après tri et broyage, ces résidus sont mélangés à de la gomme arabique pour faciliter l’allumage et à de l’argile pour ralentir la combustion. Une habitante de N’Djaména, Sophie Saboura, témoigne de l’absence de fumée, de la durée de combustion et de l’absence de noircissement de ses ustensiles. Le directeur technique de l’usine de l’Association pour le développement socio-économique Raikina (Adser), Alhadj Oumarou, précise que ces briquettes durent jusqu’à trois fois plus longtemps que le charbon traditionnel. Il souligne également les bénéfices environnementaux de ce procédé, qui réduit la déforestation et les effets du changement climatique, les arbres épargnés continuant à absorber le CO2. L’Adser produit environ dix tonnes de ces briquettes chaque mois. Toutefois, leur disponibilité reste limitée. Un spécialiste en énergie renouvelable, Pierre Garba, note que la fabrication, qui peut prendre une semaine, constitue un frein. Madame Saboura confirme le besoin de multiplier les points de vente pour répondre à la demande.
Au Pakistan, l’essor des panneaux solaires est spectaculaire. À Islamabad, les toits des maisons en sont couverts. Selon une étude récente du groupe de réflexion pakistanais Renewables First et du Centre pour la recherche sur l’énergie et la propreté de l’air (Crea), cette conversion figure parmi les transitions énergétiques les plus rapides jamais observées. Contrairement à de nombreuses économies occidentales, le Pakistan n’a pas imposé de droits de douane sur les technologies solaires chinoises entre 2013 et 2025. Les importations sont passées de 1 gigawatt en 2018 à 51 gigawatts cette année. La hausse des prix du pétrole et du gaz après le début du conflit en Ukraine a également poussé les consommateurs vers le solaire. À Lahore, un commerçant de 49 ans, Aftab Ahmed, cherche des panneaux pour réduire sa facture d’électricité, devenue trop lourde pour un habitant moyen. Le solaire représente pour lui une possibilité d’économies substantielles. Cette énergie est aujourd’hui la source d’électricité la moins chère dans la plupart des régions du monde.
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