Société
L’affaire des assistants parlementaires du RN devant la cour d’appel


L’ancien numéro deux du Front national, Bruno Gollnisch, a reconnu devant la cour d’appel de Paris l’existence d’une « organisation » dans la gestion des collaborateurs, tout en réfutant la notion de « système », au cœur des accusations de détournement de fonds publics.
Devant les magistrats, l’ancien eurodéputé, qui siégea de 1989 à 2019, a présenté sa défense en évoquant une forme de mutualisation des moyens. Il a décrit le fonctionnement d’un secrétariat politique centralisé, situé au siège du parti à Saint-Cloud, où étaient affectés ses assistants parlementaires. Selon ses explications, cette structure permettait une utilisation optimale des dotations allouées par le Parlement européen, dans un contexte où les élus partageaient leur temps entre leurs circonscriptions, Bruxelles et Strasbourg.
La cour s’est toutefois montrée sceptique face à cette version des faits. La présidente de la chambre a notamment interrogé la réalité du lien de subordination entre l’élu et ses collaborateurs, dont plusieurs apparaissaient dans des documents internes comme étant au service d’autres figures du parti, notamment Jean-Marie Le Pen. L’exemple de certains assistants, rémunérés par les fonds européens mais présentés comme des directeurs de cabinet ou des attachés personnels du président d’alors, a été souligné.
L’audience a également mis en lumière les contours d’une gestion jugée confuse par la magistrature. Le parcours de plusieurs collaborateurs, passant d’un élu à un autre au gré des besoins du parti sans changement formel de statut, a été scruté. Bruno Gollnisch a rétorqué que cette organisation, bien que complexe, répondait à des impératifs logistiques et n’avait rien d’illicite. Il a rejeté le terme de « système », lui associant une connotation délictuelle qu’il conteste.
L’ancien dirigeant, qui fut un temps considéré comme le dauphin de Jean-Marie Le Pen, a par ailleurs évoqué le caractère « impérieux » de l’ancien président du Front national, un trait qu’il estime avoir été transmis à sa succession. Il a opposé à ce style sa propre « retenue », se dépeignant comme un homme de compromis.
Cette audience s’inscrit dans le cadre du procès en appel du Rassemblement national, de sa présidente Marine Le Pen et de plusieurs cadres, condamnés en première instance pour détournement de fonds publics. La justice reproche au parti d’avoir employé, entre 2004 et 2016, des assistants parlementaires européens rémunérés sur des fonds publics pour des activités exclusivement partisanes.





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