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La troisième chambre de la République bientôt dirigée par une femme

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Pour la première fois de son histoire, le Conseil économique, social et environnemental s’apprête à élire une présidente. Deux profils s’affrontent, entre engagement associatif et monde patronal.

Les 175 membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese) se réunissent ce mercredi pour désigner leur future présidente. Deux candidates sont en lice, Claire Thoury et Dominique Carlac’h, et l’issue du scrutin s’annonce incertaine. Cette élection marque une étape inédite pour cette institution consultative, puisque jamais une femme n’a occupé ce poste depuis sa création.

Claire Thoury, âgée de 37 ans, dirige depuis cinq ans le Mouvement associatif, une structure qui regroupe plus de 700 000 associations, soit la moitié du tissu associatif français. Sociologue de formation, spécialiste des questions d’engagement, elle bénéficie du soutien des syndicats, d’une large partie du mouvement associatif, de la Mutualité française et des employeurs de l’économie sociale et solidaire.

En face, Dominique Carlac’h, 57 ans, dirige un cabinet de conseil et a été vice-présidente du Medef. Elle est portée par les organisations patronales, notamment la CPME, l’U2P, CCI France, les chambres des métiers et de l’artisanat, les chambres d’agriculture et la FNSEA. Dans un communiqué publié en mars, ces dernières ont affiché leur soutien à sa candidature.

Les deux candidates s’exprimeront à l’ouverture de la séance plénière, avant un vote à bulletins secrets. La nouvelle présidente sera ensuite investie à la tête de cette troisième chambre du Parlement français, dont le rôle est exclusivement consultatif. Les conseillers, pour partie renouvelés en avril, représentent les syndicats, les employeurs, les exploitants agricoles, les artisans, les professions libérales, les mutuelles, ainsi que les associations et les organismes de protection de l’environnement.

L’issue du scrutin reste difficile à prévoir. « C’est ouvert et très serré », confie Dominique Carlac’h, qui souligne que de nombreux conseillers viennent d’être renouvelés et que plusieurs organisations n’ont pas officiellement pris parti. De son côté, Claire Thoury affirme avoir recueilli de nombreux soutiens en interne, même si certaines structures préfèrent ne pas se prononcer publiquement.

Quelle que soit l’élue, elle devra défendre l’institution face aux critiques récurrentes sur son utilité et son coût. En juillet dernier, un rapport des finances de l’Assemblée nationale et de la Cour des comptes a mis en cause l’efficacité de ses travaux et son budget. En réaction, une soixantaine de dirigeants syndicaux, patronaux et associatifs ont rappelé que le Cese ne représentait que 0,006 % du budget de l’État. Le député Philippe Juvin avait même déposé une proposition de loi pour supprimer l’institution, estimant que l’État ne pouvait plus en assumer la charge.

Le président sortant, Thierry Beaudet, a souligné que le budget du Cese était passé de 44 à 34 millions d’euros en cinq ans, malgré une inflation cumulée de plus de 15 %. Depuis la réforme de 2021, qui a fait du Cese la chambre de la participation citoyenne, l’institution a organisé trois conventions citoyennes, sur le climat, la fin de vie et les temps de l’enfant. Leurs effets concrets restent toutefois limités.

Face aux critiques sur le caractère trop consensuel de ses avis, Claire Thoury estime qu’il faut accepter la divergence quand elle est constructive, car le consensus à tout prix n’est pas souhaitable. Dominique Carlac’h partage cette analyse, notant que le logiciel du Cese, fondé sur le consensus, conduit parfois à des positions manquant de relief.

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