Planète
La sortie des énergies fossiles jugée irréaliste par le président de la COP31
Le ministre turc de l’Environnement, Murat Kurum, estime qu’exiger un abandon pur et simple des hydrocarbures est une approche irréaliste, tout en faisant de la transition énergétique la priorité du prochain sommet climatique.
Lors d’un entretien accordé à l’AFP en marge d’une conférence à l’Agence internationale de l’énergie à Paris, le président de la COP31 a livré une analyse mesurée des enjeux énergétiques mondiaux. Murat Kurum a souligné que toutes les nations, sans exception, demeurent dépendantes des énergies fossiles. Selon lui, se limiter à exiger leur sortie ne constitue pas une stratégie réaliste pour le dialogue climatique international.
La précédente conférence des Nations unies sur le climat à Belem avait échoué à inclure une référence explicite aux hydrocarbures dans son texte final, en raison de l’opposition des grands pays producteurs. En guise de compromis, la présidence brésilienne avait proposé une feuille de route volontaire pour une réduction progressive du charbon, du pétrole et du gaz. Interrogé sur la possibilité de raviver ce débat, M. Kurum a estimé que l’essentiel ne réside pas dans l’ajout de quelques mots dans un document, semblant ainsi vouloir ménager les sensibilités des différentes parties prenantes. Il a toutefois affirmé que la Turquie mettrait en œuvre cette initiative, sans donner davantage de précisions.
Le camp favorable à une sortie des énergies fossiles a récemment été conforté par une réunion à Santa Marta, en Colombie, qui a réuni une cinquantaine de pays. L’objectif d’une transition progressive a été universellement adopté lors de la COP de Dubaï en 2023, mais il se heurte depuis à des blocages politiques, dans un contexte de reculs environnementaux à l’échelle mondiale.
Pour que la COP31 soit couronnée de succès, Murat Kurum a appelé à de la sincérité de la part des délégués. Il a insisté sur la nécessité de tenir les promesses faites et de privilégier une conférence axée sur les résultats et la mise en œuvre concrète des engagements. Le responsable turc a également mis en garde contre l’inaction sous prétexte de crise, tout en reconnaissant que le monde traverse la plus grave crise énergétique de son histoire en raison des tensions au Moyen-Orient. Pour lui, la diversification des sources d’énergie propres et renouvelables est essentielle pour éviter de revivre une telle situation.
Concernant l’absence des États-Unis aux négociations climatiques depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, M. Kurum a révélé que des entreprises américaines l’avaient contacté pour manifester leur souhait de jouer un rôle actif lors de la prochaine conférence. Il a estimé que si le public attend une implication, les gouvernements finiront par s’y conformer.
La Turquie partagera l’organisation de la COP31 avec l’Australie, une configuration inédite dans l’histoire des conférences climatiques. Malgré cette répartition des tâches, Ankara entend être pleinement impliquée dans les décisions, et non se limiter à un rôle logistique. Le président de la COP31 a fermement affirmé que la Turquie serait présente sur tous les fronts, car c’est la présidence qui, en définitive, prendra les décisions.
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