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La science au service de la lutte contre les incendies criminels


À Cergy-Pontoise, les experts de la gendarmerie décryptent les traces du feu grâce à des techniques d’analyse de pointe.
Dans les laboratoires de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), situé à Cergy-Pontoise, des spécialistes examinent méticuleusement des échantillons de terre carbonisée et de végétaux calcinés. Leur mission consiste à déterminer si un incendie résulte d’un acte délibéré ou d’une négligence. Le major Christophe Rémillon, expert en criminalistique incendiaire depuis deux décennies, dirige ces investigations scientifiques.
L’analyse débute par l’identification d’éventuels accélérateurs de combustion, tels que des liquides inflammables. Les prélèvements sont soumis à des tests sophistiqués, dont la chromatographie en phase gazeuse, une méthode permettant d’isoler et d’identifier les molécules suspectes. Les résultats, comparés à des bases de données chimiques, révèlent la présence de substances anormales sur les lieux sinistrés.
Les enquêtes s’appuient également sur des équipes cynophiles spécialisées, dont les chiens sont entraînés à repérer les traces d’hydrocarbures ou autres produits incendiaires. Ces animaux jouent un rôle crucial dans les vastes zones naturelles, où leur flair guide les prélèvements ultérieurs en laboratoire.
Récemment, ces techniques ont été mobilisées pour élucider l’origine du vaste incendie qui a frappé les Corbières, dans l’Aude. Bien que l’hypothèse criminelle ne soit pas encore confirmée, les investigations se poursuivent pour établir les circonstances exactes du sinistre.
Chaque année, près d’un millier de dossiers transitent par ce service, dont une majorité concerne des incendies. Si la plupart ont une origine humaine, seule une partie relève d’une intention malveillante. Les conclusions des experts alimentent les enquêtes judiciaires, offrant des preuves tangibles pour étayer ou écarter la piste criminelle.
Dans ce travail minutieux, chaque détail compte. La présence d’un produit inhabituel, sa localisation et sa nature permettent de reconstituer le scénario du drame. Une démarche rigoureuse qui illustre l’alliance entre science et justice pour préserver les espaces naturels et identifier les responsables.





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