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La présidentielle 2025 se joue-t-elle déjà sur le terrain des confidences intimes ?
Les prétendants à l’Élysée, Jordan Bardella et Gabriel Attal, multiplient les révélations personnelles, brouillant la frontière entre vie privée et ambition politique.
L’exercice n’est pas nouveau, mais il prend une ampleur inédite à l’approche du scrutin suprême. En officialisant sa relation amoureuse dans les pages de Paris Match, Jordan Bardella a choisi de s’exposer. Gabriel Attal, lui, a opté pour un récit plus intime encore dans son ouvrage autobiographique. Ces deux démarches, bien que différentes, interrogent sur la nécessité de se dévoiler pour espérer conquérir le pouvoir.
Dans son livre, l’ancien Premier ministre aborde sans détour son enfance marquée par les addictions de son père, la résilience de sa mère, les discriminations subies et son homosexualité. Il consacre un chapitre à celui qu’il présente comme l’homme de sa vie, le commissaire européen Stéphane Séjourné. « Je n’ai rien à cacher, et certainement pas l’homme que j’aime », écrit-il, tout en affirmant vouloir avant tout tisser un lien sur ses combats et ses idées. Ce choix stratégique suscite toutefois des interrogations au sein de son propre camp. Un dirigeant de Renaissance confie en privé que le livre semble davantage axé sur la notoriété personnelle que sur le fond politique, tout en reconnaissant qu’il est trop tôt pour en juger l’efficacité.
De son côté, Jordan Bardella a justifié sa mise en scène médiatique en expliquant n’avoir pas eu le choix, tout en assurant que sa relation était sérieuse. Une référence directe à Nicolas Sarkozy, qui avait utilisé la même expression pour évoquer sa liaison avec Carla Bruni. L’ancien président apparaît ainsi comme une figure tutélaire pour ces deux prétendants, qui semblent s’inspirer de sa méthode pour mêler vie privée et conquête politique.
Certains experts en communication voient dans ces révélations le véritable coup d’envoi de la campagne présidentielle. Pour Philippe Moreau-Chevrolet, professeur à Sciences Po, il est désormais difficile de gagner une élection sans passer par l’émotion et le dévoilement de soi. Lionel Jospin, en refusant ce type d’exercice, en avait fait les frais en 2002. Pourtant, tous ne sont pas convaincus de la nécessité de ce passage obligé. Gaspard Gantzer, ancien conseiller de François Hollande, estime que cette stratégie peut être utile pour gagner en notoriété, mais qu’elle n’est pas indispensable. Il souligne qu’elle permet de toucher un public moins politisé, davantage sensible aux personnalités qu’aux programmes.
D’autres candidats, comme Bruno Retailleau ou Édouard Philippe, semblent pour l’instant résister à cette tendance. Ce dernier, bien qu’il ait dévoilé certains aspects de sa personnalité, n’a jamais exposé sa vie familiale. Une réserve qui pourrait, selon certains observateurs, constituer un atout de différenciation. En refusant de se plier au jeu des confidences, un prétendant peut construire un discours sur le respect de l’intimité, un argument qui pourrait séduire une partie de l’électorat.
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