Économie
La mobilisation pour le permis de conduire s’installe dans la durée


Face à des délais d’attente jugés insoutenables, les professionnels de la conduite annoncent une série d’actions coordonnées chaque lundi en région, après un premier rassemblement parisien.
Les représentants des auto-écoles et des inspecteurs du permis de conduire ont confirmé leur intention de poursuivre le mouvement entamé ce lundi. Cette mobilisation, qui a donné lieu à un rassemblement place de la Nation et à une opération escargot sur le périphérique parisien, vise à obtenir une augmentation significative du nombre de places d’examen. Les acteurs de la filière dénoncent des délais d’attente devenus, selon eux, incompatibles avec les besoins des candidats.
Portée par une intersyndicale, la profession réclame depuis plusieurs mois le recrutement de 170 fonctionnaires supplémentaires. Les organisateurs présentent l’action de ce lundi comme une première étape avant des initiatives conjointes répétées chaque semaine. Des blocages, des opérations escargot et des piquets de grève sont annoncés en région dans les prochaines semaines. Les professionnels, reçus à deux reprises ces derniers mois sans obtenir gain de cause, doivent rencontrer mardi le ministre chargé du dossier.
Le ministère de l’Intérieur souligne pour sa part les premiers effets positifs du plan d’action annoncé cet été, qui prévoyait la création de 80 000 places d’examen supplémentaires. Les services ministériels font état d’une hausse de 25 % des examens organisés en août 2025 par rapport à la même période de l’année précédente, avec des perspectives d’augmentation atteignant 59 % en octobre. Le gouvernement rappelle également la programmation de 108 postes d’inspecteurs supplémentaires entre 2025 et 2026.
La tension reste pourtant vive sur le terrain. On compte aujourd’hui moins de 1 500 inspecteurs pour environ 1,4 million d’élèves, tandis que les inscriptions ont progressé de 15 % depuis 2019. Le délai moyen d’attente pour un examen est passé de 40 à 80 jours en six ans, dépassant largement le délai légal de 45 jours. Dans les grandes agglomérations, l’attente peut atteindre huit mois.
Cette situation pèse lourdement sur les candidats. Certains, contraints d’attendre plusieurs mois, doivent engager des frais supplémentaires pour maintenir leur niveau de conduite. D’autres, pressés par des impératifs professionnels ou familiaux, sont tentés de recourir à des pratiques illégales, comme la conduite accompagnée par des proches ou le recours à de faux moniteurs. Les auto-écoles en ligne, bien que n’ayant pas participé à la grève, expriment leur solidarité avec le mouvement et partagent les préoccupations concernant l’accès à l’examen.
Les professionnels soulignent leur impuissance face aux demandes pressantes des élèves, qui voient leur projet personnel ou professionnel compromis par ces retards. La profession espère que la rencontre prévue avec le ministre permettra de débloquer une situation dont les conséquences sociales et économiques ne cessent de s’aggraver.





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