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La liberté d’expression face au devoir de loyauté


Le Conseil de Prud’hommes de Paris rend ce lundi sa décision sur le licenciement de l’ancien chroniqueur de France Inter, Guillaume Meurice. L’affaire, née de propos controversés sur le Premier ministre israélien, cristallise un débat de fond sur les limites de l’humour et les obligations des collaborateurs du service public.
La justice prud’homale doit statuer sur la validité du renvoi pour faute grave prononcé à l’encontre de l’humoriste en juin 2024. Ce licenciement fait suite à l’emploi répété, malgré un avertissement de la direction, d’une formule comparant le dirigeant israélien à un « nazi sans prépuce ». L’employeur public, Radio France, soutient que le collaborateur a violé son devoir de loyauté en persistant dans l’usage d’une expression jugée gravement préjudiciable, après avoir été suspendu de l’antenne et alors qu’une mise en garde de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique avait été émise.
Lors de l’audience début décembre, la défense de l’intéressé a plaidé pour la nullité de la procédure et réclamé une indemnisation d’environ 400 000 euros. L’avocat de Guillaume Meurice a présenté les propos litigieux comme une « blume » dans la lignée de son travail habituel sur l’antenne, dénonçant un « prétexte » pour son éviction. À l’inverse, le conseil de Radio France a estimé que le chroniqueur avait adopté une « politique de la terre brûlée », compromettant les relations de l’entreprise avec ses partenaires et son public.
L’origine de cette affaire remonte à l’automne 2023, dans un contexte international particulièrement tendu. La première occurrence de la formule avait provoqué une vive polémique et conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire pour provocation à la haine, finalement classée. L’humoriste, s’estimant alors blanchi par la justice, avait réitéré cette comparaison au printemps 2024, ce qui avait précipité la décision de licenciement. Cette sanction était intervenue malgré l’opposition d’une partie des équipes de France Inter, qui y voyaient un risque pour la liberté de création.
La décision des prud’hommes survient dans un contexte de renouvellement à la tête de la station, quelques jours après l’annonce du départ de sa directrice. L’ancien chroniqueur, désormais présent sur une autre antenne, a ironisé sur les réseaux sociaux à propos de ce poste désormais vacant. Le jugement, attendu en milieu de journée, est susceptible d’être porté en appel, quel qu’en soit le sens.





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