Monde
La justice américaine met en cause Raul Castro pour une affaire vieille de près de trente ans


Les autorités fédérales des États-Unis ont engagé des poursuites pénales contre l’ancien dirigeant cubain, l’accusant d’avoir ordonné la destruction de deux appareils civils en 1996.
La justice américaine a officiellement inculpé mercredi Raul Castro, ancien président de Cuba, dans le cadre d’une affaire liée à l’abattage de deux avions civils survenu en 1996. L’ex-dirigeant, aujourd’hui âgé de 94 ans, occupait alors le poste de ministre de la Défense. Il est notamment visé par des accusations de complot en vue d’assassiner des ressortissants américains, selon un acte d’accusation rendu public. Le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, devait apporter des précisions sur cette procédure lors d’une conférence de presse organisée à Miami.
Cette annonce judiciaire intervient dans un climat de tensions croissantes entre Washington et La Havane. Les États-Unis ont appelé les Cubains à s’engager sur une voie nouvelle, loin du régime communiste. Dans une vidéo diffusée en espagnol à destination de la population cubaine, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a dénoncé la corruption et la répression exercées par les dirigeants de l’île. Il a estimé que Cuba était désormais contrôlé par un conglomérat d’entreprises, Gaesa, qui détiendrait 18 milliards de dollars d’actifs et gérerait 70 pour cent de l’économie nationale. Selon lui, cette structure profite de tous les secteurs, du tourisme à la banque, en passant par les envois de fonds des Cubains de l’étranger.
Marco Rubio a également renouvelé une offre d’aide américaine de 100 millions de dollars, destinée à être distribuée par des organisations caritatives. Le chargé d’affaires américain à La Havane, Mike Hammer, a évoqué ce dispositif la semaine dernière avec des responsables cubains. Cette proposition intervient alors que l’île traverse une grave crise économique et énergétique, marquée par des coupures d’électricité prolongées, que Washington attribue à la mauvaise gestion du régime plutôt qu’à l’embargo américain.
Le 20 mai, date symbolique de la proclamation de la République de Cuba en 1902, a été choisi pour cette annonce. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a réagi sur les réseaux sociaux en qualifiant cette journée d’exemple d’ingérence et de spoliation. Il n’a pas directement évoqué les propos de Marco Rubio, mais a rappelé que l’histoire de Cuba ne se résumait pas à cette date. Rubio, d’origine cubaine, a pour sa part soutenu que les pénuries d’électricité et de carburant n’étaient pas dues au blocus pétrolier imposé par Washington, mais au détournement de fonds par les autorités cubaines.
Raul Castro, qui avait succédé à son frère Fidel à la tête de l’État, avait amorcé un rapprochement avec les États-Unis sous l’administration Obama, avant que Donald Trump ne revienne sur cette politique. Sa mise en cause par la justice américaine s’inscrit dans une stratégie de pression maximale de la part de l’administration Trump, qui espère provoquer un changement de régime dans l’île, située à moins de 150 kilomètres des côtes floridiennes.





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