Monde
La Cour suprême israélienne suspend une mesure contestée sur les ONG

_**La plus haute juridiction du pays a temporairement bloqué une exigence administrative qui menaçait l’expulsion de plusieurs organisations humanitaires internationales des territoires palestiniens.**_
La Cour suprême israélienne a ordonné vendredi un gel immédiat de l’application d’une directive gouvernementale. Cette dernière imposait aux organisations non gouvernementales étrangères opérant à Gaza et en Cisjordanie de transmettre la liste nominative de leurs employés locaux pour pouvoir conserver leur autorisation de travail. Sans se prononcer sur le fond du litige, la Cour a ainsi accordé un répit aux ONG concernées, dont la licence aurait expiré ce week-end en cas de refus de se plier à cette condition.
Les autorités israéliennes justifiaient cette mesure par des impératifs de sécurité, visant à prévenir toute infiltration par le mouvement Hamas au sein des structures humanitaires. Le Cogat, l’organe du ministère de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, avait publiquement questionné les motivations des organisations réticentes à se conformer. La décision judiciaire fait suite à une requête en référé déposée par un collectif d’ONG, qui réclamaient une suspension en attendant un examen complet de la légalité de la procédure.
Pour les représentants de ces organisations, cette injonction constitue un premier soulagement dans un contexte de tensions persistantes. Ils soulignent néanmoins que les implications pratiques sur le terrain, notamment concernant l’acheminement du personnel expatrié et des approvisionnements, restent à clarifier. La situation humanitaire à Gaza demeure extrêmement tendue, avec des stocks qui s’épuisent et un accès aux biens de première nécessité très limité pour une large partie de la population.
Plusieurs grandes organisations internationales, dont Médecins sans frontières, avaient déjà annoncé leur intention de maintenir leurs activités avec leurs équipes locales, quel que soit l’issue de la procédure. L’arrêt de la Cour offre une fenêtre juridique supplémentaire, mais ne résout pas le différend de fond entre l’État israélien et ces acteurs humanitaires, dont le rôle est jugé crucial par les agences des Nations unies pour la distribution de l’aide dans la bande de Gaza.

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