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Économie

La BCE retarde sa décision face à la crise énergétique, un tour de vis monétaire se précise pour juin

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L’institution monétaire de Francfort a choisi de patienter six semaines supplémentaires avant d’agir, alors que la guerre au Moyen-Orient pèse lourdement sur l’inflation et la croissance. Une hausse des taux en juin semble désormais l’option la plus plausible.

La Banque centrale européenne a opté pour le statu quo à l’issue de sa réunion de jeudi, maintenant son taux de dépôt à 2%, un niveau inchangé depuis juin 2025. Christine Lagarde, sa présidente, a justifié cette pause par la nécessité de disposer de davantage de données pour évaluer les répercussions du conflit armé qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. Les gouverneurs ont débattu de plusieurs orientations avant de se prononcer à l’unanimité pour l’immobilisme.

Dans la zone euro, les conséquences de cette guerre se font déjà sentir. L’inflation a atteint 3% en avril, un seuil inédit depuis l’automne 2023, tandis que la croissance du premier trimestre s’est limitée à 0,1%. La présidente a indiqué que six semaines constituaient un délai raisonnable pour mesurer l’évolution du conflit et en tirer des enseignements, en l’absence de perspectives claires de négociations entre Téhéran et Washington.

Le blocus du détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour le transport d’environ 20% du pétrole mondial, se poursuit intégralement. Cette situation a provoqué une flambée des prix de l’énergie, sans toutefois atteindre les hypothèses les plus alarmistes. Christine Lagarde a reconnu percevoir la direction que prendra la politique monétaire, sans pour autant confirmer une hausse des taux en juin, scénario pourtant anticipé par les marchés avant cette réunion.

L’institution a mis en garde contre l’aggravation des risques liés à la fois à la hausse des prix et au ralentissement de l’activité. Pour l’instant, aucun effet de contagion significatif n’a été observé sur les salaires ou les tarifs des entreprises. La BCE surveillera attentivement la situation dans les semaines à venir, suivant l’exemple de la Réserve fédérale américaine et de la Banque d’Angleterre, qui ont également maintenu leurs taux directeurs cette semaine.

Les anticipations d’inflation des ménages de la zone euro à un an ont certes grimpé à 4% en mars, contre 2,5% le mois précédent, mais celles à cinq ans demeurent proches de l’objectif de 2%. Un décrochage durable de ces prévisions constituerait un signal d’alarme majeur pour la BCE. Christine Lagarde a exclu tout risque de stagflation, un scénario économique combinant stagnation et inflation, qu’elle a qualifié de propre aux années 1970 et sans rapport avec la situation actuelle.

Selon l’institution, la solidité des finances des ménages et la vigueur des investissements des entreprises agissent comme un amortisseur face aux turbulences géopolitiques. Pour Carsten Brzeski, analyste chez ING, une hausse des taux lors de la réunion de juin, qu’elle soit symbolique ou qu’elle risque de freiner une reprise fragile, est désormais nettement plus probable.

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