Économie
Téhéran défie Washington et le pétrole flambe
Le guide suprême iranien a dénoncé une « défaite honteuse » des États-Unis, tandis que les cours du brut ont brièvement atteint 126 dollars le baril, un niveau inédit depuis 2022, dans un contexte de tension maximale autour du détroit d’Ormuz.
L’ayatollah Mojtaba Khamenei, guide suprême de la République islamique, a adressé une fin de non-recevoir aux pressions américaines. Dans un message écrit, il a affirmé que les États-Unis venaient d’essuyer un revers retentissant au Moyen-Orient, évoquant l’ouverture d’une nouvelle ère pour le Golfe et le détroit d’Ormuz. Blessé lors de précédentes frappes, il ne s’est pas montré en public depuis sa désignation.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a renchéri en qualifiant toute tentative de blocus maritime de contraire au droit international et promise à l’échec. Cette escalade verbale intervient alors que Washington maintient un blocus des navires iraniens, en représailles au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran. Un haut responsable américain a laissé entendre que cette mesure pourrait se prolonger des mois durant.
La veille, Donald Trump avait jugé ce blocus plus efficace que des bombardements dans un entretien accordé au site Axios. Selon le même média, le président américain devait recevoir un briefing militaire sur d’éventuelles nouvelles actions. Le conflit, déclenché fin février par une coalition israélo-américaine, a déjà fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré une trêve instaurée le 8 avril et des discussions exploratoires à Islamabad le 11 avril, la voie diplomatique reste bloquée.
Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi à ces tensions. Le Brent, référence mondiale du brut, a brièvement franchi la barre des 126 dollars jeudi, un sommet qui n’avait plus été observé depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Il est ensuite redescendu autour de 116 dollars. En Iran, la vie quotidienne semble avoir repris son cours, mais la dégradation économique et l’affaiblissement de la monnaie nourrissent un sentiment de lassitude et d’impuissance parmi la population.
Pour Danny Citrinowicz, chercheur à l’Institut d’études de sécurité nationale de l’université de Tel-Aviv, les États-Unis cherchent probablement une action militaire décisive pour contraindre l’Iran à capituler, mais quarante jours de frappes intensives n’ont pas suffi à obtenir ce résultat. Les répercussions du verrouillage d’Ormuz se font sentir sur l’économie mondiale, avec des pénuries, une inflation galopante et des perspectives de croissance revues à la baisse. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a estimé que le monde traversait la plus grave crise énergétique de son histoire, prévoyant de sérieuses difficultés sur les marchés du pétrole et du gaz.
Selon le Wall Street Journal, l’administration américaine a demandé à ses ambassades de convaincre les alliés de rejoindre une coalition internationale chargée de sécuriser la voie maritime, mais les capitales occidentales se montrent réticentes. L’amiral Brad Cooper, commandant américain pour le Moyen-Orient, a indiqué que 42 bateaux avaient été interceptés pour avoir tenté de violer le blocus et que 41 pétroliers étaient bloqués en Iran, jugeant l’opération hautement efficace.
Aux États-Unis, le ministre de la Défense Pete Hegseth a subi un interrogatoire serré lors de sa première audition à la Chambre des représentants depuis le début du conflit. Il a révélé que la guerre en Iran avait coûté 25 milliards de dollars, justifiant cette dépense par la nécessité d’empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.
Sur le front libanais, neuf personnes, dont deux enfants, ont péri dans des frappes israéliennes dans le sud du pays. Le président Joseph Aoun a dénoncé les violations persistantes de la trêve par Israël et appelé à faire pression pour que le droit international soit respecté. Depuis le début du mois de mars, les opérations israéliennes contre le Hezbollah ont fait plus de 2 500 morts et plus d’un million de déplacés au Liban, tandis que 1,2 million de personnes sont menacées d’insécurité alimentaire aiguë, selon le Programme alimentaire mondial.
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