Culture
Jafar Panahi, la résistance d’un cinéaste face au pouvoir iranien

Le réalisateur iranien, récompensé à Cannes il y a quatre mois, affirme son intention de poursuivre son travail cinématographique malgré les pressions des autorités de son pays. Il prépare actuellement un nouveau projet sur le thème de la guerre.
De retour en Iran après avoir reçu la Palme d’or au Festival de Cannes, Jafar Panahi a été accueilli par une foule composée de collègues cinéastes, de proches de détenus politiques et de simples citoyens. Les autorités ont pour leur part tenté de minimiser la portée de cette distinction internationale, qualifiant son œuvre de sans valeur et évoquant des pressions étrangères pour expliquer cette récompense. Une réaction habituelle, selon le réalisateur, face à toute production artistique échappant au contrôle de la censure.
Interrogé sur d’éventuelles représailles, le cinéaste de soixante-cinq ans répond avec une certaine forme de défi. Il souligne que les interdictions professionnelles précédentes n’ont pas entamé sa détermination. Les options répressives semblent limitées à son encontre, estime-t-il, en raison de la notoriété internationale dont il bénéficie. Après des séjours en prison et une interdiction de quitter le territoire pendant quinze ans, il affirme que rien ne le fera renoncer à sa liberté créatrice.
Son dernier film, qui sort cette semaine en France, explore les thèmes de l’arbitraire et du pouvoir à travers le récit de cinq Iraniens confrontés à un homme pouvant être leur ancien geôlier. Une œuvre directement inspirée par ses propres expériences carcérales. S’il précise n’avoir jamais subi de violences physiques durant sa détention, il décrit en revanche les profonds impacts psychologiques de l’incarcération, évoquant notamment l’obligation de porter un bandeau sur les yeux pour se rendre aux sanitaires.
Malgré un agenda international chargé qui complique la préparation de nouveaux projets, le réalisateur travaille actuellement à un film sur la guerre, un sujet qui lui tient à cœur depuis cinq ans. Le scénario est achevé, mais le manque de moyens financiers a jusqu’à présent retardé le tournage. Dans le contexte géopolitique actuel, il estime plus que jamais nécessaire de porter ce sujet à l’écran.
Panahi reste modeste quant à son propre courage, soulignant que d’autres Iraniens subissent des situations bien plus difficiles, citant notamment les longues peines de prison infligées à certains de ses collaborateurs. Il considère que sa visibilité internationale lui offre une protection relative, contrairement à ceux qui, dans l’ombre, paient un lourd tribut à leur engagement.

Faits DiversEn Ligne 5 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
PolitiqueEn Ligne 4 joursMarine Le Pen veut transformer son congrès d’Orléans en rampe de lancement
PolitiqueEn Ligne 5 joursDarmanin veut que les patrons sachent ce que font leurs salariés pendant les violences
Faits DiversEn Ligne 6 joursAprès l’incendie de la mairie de Limoges, deux suspects interpellés
PolitiqueEn Ligne 7 joursRéunions, fermeté et rideaux baissés avant une nouvelle mobilisation
PolitiqueEn Ligne 7 joursLa police tue, ce slogan qui mine le lien entre les insoumis et les forces de l’ordre
ÉconomieEn Ligne 6 joursL’unique usine française d’obus de 155 mm au bord du dépôt de bilan
ÉconomieEn Ligne 5 joursMoody’s maintient la note de la France en Aa3 et offre un répit à l’exécutif
















