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Georges Abdallah, figure controversée, quitte la France après quatre décennies d’incarcération

L’ancien militant libanais, condamné pour des assassinats politiques dans les années 1980, a été libéré sous conditions et s’apprête à regagner son pays natal.
Après quarante années passées dans les prisons françaises, Georges Abdallah a quitté le centre pénitentiaire de Lannemezan dans la nuit du 25 juillet. Un convoi sécurisé l’a conduit vers l’aéroport de Tarbes, première étape avant son retour au Liban. Les autorités n’ont pas confirmé formellement sa présence à bord des véhicules, mais son avocat a évoqué un moment chargé d’émotion pour son client, âgé de 74 ans.
La cour d’appel de Paris avait ordonné sa libération sous réserve qu’il quitte définitivement le territoire français. Bien que le parquet ait formé un pourvoi en cassation, cette procédure n’a pas suspendu l’exécution de la décision. Georges Abdallah, condamné à perpétuité en 1987 pour complicité dans les assassinats de deux diplomates – un Américain et un Israélien – dans les années 1980, était éligible à une libération conditionnelle depuis 1999. Dix demandes avaient toutefois été rejetées avant cette ultime décision.
L’homme, ancien chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), un groupe marxiste aujourd’hui disparu, n’a jamais exprimé de regrets pour les actes qui lui étaient reprochés. Les magistrats ont néanmoins estimé qu’il ne représentait plus une menace pour l’ordre public, soulignant l’absence de violences imputables aux FARL depuis 1984.
À Beyrouth, où il doit atterrir dans les prochaines heures, des proches et des sympathisants l’attendent pour lui réserver un accueil officiel. Il se rendra ensuite dans son village natal de Kobayat, dans le nord du Liban. Ces dernières semaines, il a préparé son départ en distribuant ses affaires à d’autres détenus et en confiant ses livres à son cercle de soutien.
Son parcours reste marqué par les tensions géopolitiques des années 1980, période durant laquelle les FARL avaient ciblé des intérêts israéliens et américains en France. Bien que Georges Abdallah ait toujours nié son implication directe dans les assassinats, il n’a jamais condamné les actions qualifiées de « résistance » contre ce qu’il considérait comme une oppression.
Sa libération intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, alors que le Liban traverse une crise économique et politique profonde. Pour ses partisans, son retour symbolise une victoire. Pour d’autres, il reste une figure controversée, dont le passé continue de diviser.

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