Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

En Albanie, ruée sur le lait d’ânesse durant la pandémie

Article

le

en-albanie,-ruee-sur-le-lait-d’anesse-durant-la-pandemie

En Albanie, le lait d’ânesse est crédité de vertus immunitaires et en pleine pandémie, la demande explose pour ce produit de niche. Dans le petit pays des Balkans, c’est aussi l’occasion pour une poignée de ces animaux d’échapper à une rude vie de bête de somme.

Les clients se pressent au sud de Tirana dans une minuscule ferme nichée au creux des collines, où quelques baudets mâchent leur foin sous les arbres parés de l’orange de l’automne, tranquilles.

« La demande pour le lait d’ânesse est en forte hausse, surtout ces derniers mois, avec le nombre accru des contaminations » qui dépassent les 45.000 en Albanie, dit Elton Kikia, 37 ans. Voici deux ans, il a quitté son métier de journaliste pour reprendre le petit élevage familial, dans le village de Papër.

La production de lait d’ânesse est encore très anecdotique dans ce coin pauvre d’Europe, avec en tout et pour tout deux fermes comptant quelques dizaines de bêtes.

L’Albanie recense 50.000 ânes et mulets selon les estimations de la presse. Généralement, ils transportent des fardeaux, tirent des charrettes ou servent de montures dans des campagnes où les paysans vivent souvent eux-mêmes des vies très rudes.

Disparition?

Les mauvais traitements sont fréquents. « Pourtant, c’est un animal très délicat, qui pour produire son lait, a besoin de tendresse et d’amour », déclare l’éleveur à l’AFP.

Il a quatre ânesses gravides et quatre ânesses productrices de lait accompagnées chacune de leur petit. Avec une production maximale de trois litres quotidiens, « on n’arrive pas à répondre à la demande », poursuit Elton Kikia, expliquant vouloir s’agrandir à une centaine d’ânes. « Une mission loin d’être facile en Albanie où les ânes sont une espèce en disparition ».

En raison de la désertification rurale, de l’urbanisation et de la modernisation de l’agriculture, la population des ânes régresse fortement depuis quelques années, selon l’Institut des statistiques. Les propriétaires ne voient pas non plus d’un bon oeil la reproduction d’animaux qu’ils préfèrent exploiter comme bêtes de somme jusqu’à la fin de leur vie.

La production laitière est une manière de maintenir et « protéger » l’espèce, vont valoir les éleveurs. Leur ferme accueille des animaux maltraités, dont les cicatrices témoignent des blessures de leur vie passée.

« On les soigne et on les réhabilite, y compris psychologiquement », raconte Riza Kikia, 71 ans, le père d’Elton. La production laitière est aussi une manière de protéger l’espèce.

A son arrivée, Geni, une jolie ânesse blanche, avait l’oreille blessée et le dos marbré de cicatrices. « Elle était faible, triste, elle ne voulait pas rester avec les autres. Maintenant elle joue, elle mange bien et elle fait du bon lait », explique Elton.

Thérapie à double sens

Malgré son prix élevé, 50 euros le litre dans un pays où le salaire moyen atteint péniblement les 400 euros mensuels, le précieux liquide s’arrache.

Personne n’affirme que c’est un bouclier anti-Covid mais les aficionados n’en démordent pas: proche du lait humain, il regorge de vitamines et d’oligo-éléments qui aident à renforcer les défenses naturelles.

Klea Ymeri est venue à Papër acheter deux petites bouteilles de 250 millilitres pour aider ses parents à se remettre du Covid-19. « En plus de leurs médicaments, le lait d’ânesse est un bon remède naturel pour les voies respiratoires », confie cette étudiante en génie agro-environnemental.

Regina Beqiri, membre de la famille et pharmacienne, se sert de lait congelé pour confectionner  savons, masques et autres produits de beauté revendus ensuite à la ferme et dans son officine. « On constate un intérêt accru pour les produits de beauté car les gens passent plus de temps chez eux et peuvent s’occuper plus de leur peau », souligne-t-elle.

La ferme offre aussi des moments de détente aux enfants de la région qui viennent faire des balades à dos d’âne, donner à manger et caresser les animaux.

« Ce lien entre les ânesses et les enfants est une thérapie en soi, un remède psychologique qui a des effets magiques, et sur le comportement des enfants, et sur celui des animaux », souligne Riza. « Des moments de joie qui embellissent aussi ma journée ».

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Europe

Européennes : Débat tendu entre Gabriel Attal et Jordan Bardella à deux semaines des élections

Article

le

Européennes : Débat tendu entre Gabriel Attal et Jordan Bardella à deux semaines des élections

Le Premier ministre Gabriel Attal et le président du RN, Jordan Bardella, se sont affrontés lors d’un débat animé sur France 2, illustrant les profondes divergences politiques entre leurs camps respectifs.

Jeudi soir, le Premier ministre Gabriel Attal et le président du Rassemblement National (RN), Jordan Bardella, se sont affrontés lors d’un débat en prime time sur France 2. À deux semaines des élections européennes, ce face-à-face a été marqué par des échanges vifs et des divergences claires sur des sujets clés tels que l’Europe, l’immigration et l’environnement.

Pendant environ 1h20, les deux jeunes leaders politiques, Gabriel Attal, 35 ans, et Jordan Bardella, 28 ans, ont débattu avec passion. Le Premier ministre n’a pas manqué de critiquer les revirements du RN sur des questions fondamentales comme l’Europe et l’euro : « Je ne suis pas comme vous, moi, à changer d’avis sur tout. À ne pas assumer des déclarations passées, » a-t-il lancé à Bardella.

En réponse, Bardella a attaqué le bilan du gouvernement, en déclarant : « Qu’il y ait des questionnements sur le projet que nous portons pour le pays que nous voulons mettre en œuvre, c’est un fait. En revanche, il n’y a pas de doute sur le bilan qui est le vôtre. »

Le débat a révélé des lignes de fracture profondes sur des sujets tels que le marché unique, les droits de douane, les véhicules électriques, l’immigration et la défense. Un des échanges les plus tendus a concerné les liens du RN avec la Russie. Gabriel Attal a accusé le parti de Le Pen de compromettre l’Europe : « Votre parti, celui de Mme Le Pen et de Jean-Marie Le Pen, avait besoin d’argent. La Russie avait besoin d’un parti en Europe pour justement affaiblir l’Europe de l’intérieur, » a-t-il déclaré.

Jordan Bardella a répliqué en dénonçant des attaques « sous la ceinture » de la part du Premier ministre.

Sur le thème de l’immigration, Attal a critiqué la présentation du RN qui, selon lui, stigmatise les étrangers : « Avec la présentation que vous faites du sujet, on a le sentiment en vous écoutant que derrière chaque étranger, chaque immigré, il y a un délinquant et un terroriste en puissance. »

Bardella a rétorqué en affirmant que la criminalité est liée à une mauvaise gestion des flux migratoires.

Les positions opposées sur l’environnement ont également été mises en lumière, avec Bardella critiquant les « ambitions environnementales irréalistes » du gouvernement, notamment l’interdiction des véhicules thermiques en 2035. Attal a défendu cette mesure, soulignant la nécessité de réduire la dépendance au pétrole et de lutter contre la pollution.

Le débat, diffusé également sur les chaînes YouTube Hugodecrypte et « C quoi l’info ? » de France Télévisions, visait à capter une audience plus jeune.

La tenue de ce débat à deux a suscité des critiques de la part des autres partis politiques. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure et le président des Républicains (LR) Eric Ciotti ont exprimé leur mécontentement auprès de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, demandant une égalité de traitement pour tous les partis.

Ce débat a illustré l’importance des prochaines élections européennes et les enjeux politiques majeurs qui en découlent, avec un RN en position de favori selon les sondages.

Lire Plus

Europe

Eurovision : Israël qualifié pour la finale, malgré la contestation

Article

le

Eurovision : Israël qualifié pour la finale, malgré la contestation

Le vote des spectateurs a permis à la chanteuse représentant Israël d’obtenir sa place pour la finale de l’Eurovision, rapporte Ouest-France vendredi 10 mai. Et ce, malgré de nombreuses protestations à cause de la guerre à Gaza.

Malgré les manifestations et les appels au boycott en raison de la situation à Gaza, Israël a réussi à se qualifier pour la phase finale de l’Eurovision. La chanteuse Eden Golan a remporté le soutien du public, interprétant son titre « Hurricane » sans encombre devant une foule de 9 000 spectateurs à Malmö, en Suède.

L’événement, marqué par la présence de quelque 12 000 manifestants, dont la militante écologiste Greta Thunberg, a souligné les tensions politiques entourant le concours cette année. Alors que la demi-finale a été suivie de près par une nouvelle manifestation contre la guerre à Gaza, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a salué la participation d’Eden Golan, la félicitant pour avoir « affronté avec succès une horrible vague d’antisémitisme ».

L’Union européenne de radiotélévision (UER), organisatrice de l’événement, a renforcé la sécurité à Malmö, compte tenu des menaces reçues par la chanteuse sur les réseaux sociaux. Malgré ces préoccupations sécuritaires, Eden Golan a assuré lors d’une conférence de presse que l’UER prenait toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de tous les participants et spectateurs.

L’Eurovision, souvent vanté comme un événement de tolérance et d’unité européennes, a cependant été ébranlé par des gestes politiques. L’année précédente, l’UER avait interdit au président ukrainien Volodymyr Zelensky de s’exprimer lors du concours. De plus, lors de la première demi-finale de cette édition, le chanteur suédois Eric Saade a porté un keffieh palestinien, un geste regretté par l’UER et la télévision publique suédoise SVT.

Malgré ces controverses, l’Eurovision reste l’un des événements les plus regardés en Europe, symbolisant la diversité culturelle et la tolérance, même si la politique parvient parfois à s’immiscer dans cet univers festif.

Lire Plus

Europe

Eurovision 2024 : Entre musique et politique, une édition sous haute tension

Article

le

Eurovision 2024 : Entre musique et politique, une édition sous haute tension

Les festivités musicales sont éclipsées par les tensions géopolitiques, avec la participation controversée d’Israël et des manifestations propalestiniennes.

La 68e édition de l’Eurovision promet d’être une fusion de musique, de glamour et de politique. Alors que les demi-finales se tiennent les 7 et 9 mai, la compétition est déjà en proie à des tensions géopolitiques, avec des manifestations et des appels à l’exclusion d’Israël, en pleine offensive à Gaza.

Organisée cette année à Malmö, en Suède, la compétition voit la participation de 37 pays, mais elle est également le théâtre de rassemblements propalestiniens. La sécurité a été renforcée dans la ville pour accueillir les quelque 100 000 visiteurs attendus.

L’une des chansons favorites cette année, défendue par Jerry Heil et Alyona alyona pour l’Ukraine, prend une dimension politique en abordant le thème de l’union face à l’invasion russe dans leur pays.

Toutefois, c’est la performance d’Eden Golan, représentante d’Israël, qui attire particulièrement l’attention. Malgré les appels à son exclusion, elle maintient sa prestation avec « Hurricane », bien que la chanson ait été modifiée pour répondre aux exigences des organisateurs. Elle-même défend l’unité à travers la musique, un thème repris par le slogan de l’événement, « United by Music » – « Unis par la musique », soulignant la diversité de Malmö.

Ainsi, entre les notes de musique et les slogans politiques, l’Eurovision 2024 s’annonce comme une célébration complexe, mêlant les valeurs universelles de la musique à des enjeux géopolitiques brûlants.

Lire Plus

Les + Lus