Culture
Des voix françaises protégées contre l’appropriation par l’intelligence artificielle


_**Vingt-cinq artistes de doublage viennent d’obtenir le retrait de modèles génératifs qui reproduisaient leurs timbres sans autorisation, une première salve dans un conflit juridique plus large sur les créations synthétiques.**_
Un groupe de vingt-cinq comédiens spécialisés dans le doublage a remporté une première victoire significative. La plateforme américaine Fish Audio a procédé au retrait de quarante-sept modèles d’intelligence artificielle générative qui utilisaient la reproduction numérique de leurs voix. Ces systèmes avaient été élaborés et commercialisés sans l’accord préalable des intéressés et sans contrepartie financière.
Cette décision fait suite à des mises en demeure adressées en février dernier, dénonçant des pratiques qualifiées d’actes parasitaires. L’avocat représentant les artistes a salué cette issue, y voyant un signal fort quant à l’applicabilité du droit français et européen aux entreprises étrangères opérant dans ce secteur. Il a toutefois tempéré cet optimisme, rappelant que d’autres demandes, notamment indemnitaires, restaient en suspens.
La vigilance demeure de mise, le risque de nouvelles publications illicites n’étant pas écarté. Les conseils des doubleurs envisagent désormais une action en justice d’une plus grande ampleur. L’objectif serait d’obtenir une décision faisant jurisprudence et, à terme, une possible interdiction de l’accès à ces services sur le territoire national.
Cette affaire s’inscrit dans un débat plus vaste qui agite les milieux artistiques face au développement rapide des technologies génératives. Récemment, plusieurs milliers de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel ont dénoncé des pratiques systématiques de captation non autorisée, dont le clonage vocal.
Parallèlement, le législateur s’est saisi de la question. Une proposition de loi, actuellement en discussion au Sénat, propose d’instaurer une présomption d’utilisation illicite de contenus protégés par les modèles d’IA. Ce renversement de la charge de la preuve obligerait les éditeurs de ces technologies à démontrer la licéité de leurs sources d’apprentissage, dans le but affirmé de rétablir un équilibre entre les parties. L’examen du texte en séance publique est attendu prochainement.





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