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Cheffes, un village sous les eaux, évacué face à la crue historique


Face à une montée exceptionnelle de la Sarthe, l’ensemble des habitants de cette commune du Maine-et-Loire a dû quitter les lieux. Une mesure inédite depuis près de trente ans, transformant les rues en un paysage lacustre désert.
Le village de Cheffes, habituellement paisible, présente désormais un visage inhabituel. Ses rues sont devenues des canaux, sa cour d’école et son stade sont submergés, tandis que les volets clos des habitations témoignent d’un exode ordonné. Près de 450 résidents ont été conduits vers la sécurité vendredi, répondant à un ordre d’évacuation générale pris par la municipalité. Cette décision, une première depuis la crue majeure de 1995, intervient alors que le niveau de la Sarthe a atteint des cotes critiques et devrait encore augmenter dans les prochaines heures.
L’opération s’est déroulée dans un calme relatif, les autorités saluant la préparation de la population. Les départs, initiés dès le début de semaine, se sont accélérés avec la dégradation de la situation. Une trentaine de militaires et de sapeurs-pompiers ont été mobilisés, procédant aux dernières évacuations à l’aide d’embarcations. Pour beaucoup d’habitants, le spectacle est saisissant. Une riveraine évoque une atmosphère particulière, tout en espérant un reflux rapide des eaux.
La commune, qui connaît sa quatrième plus importante crue depuis le début du XXe siècle, sera totalement privée d’électricité. Les services municipaux ont insisté sur la nécessité d’anticiper. Des initiatives solidaires se sont organisées, comme celle d’un artisan qui a utilisé son camion pour aider au déménagement des biens et des personnes les plus exposées. Le maire a indiqué que le retour des habitants ne serait pas possible avant plusieurs jours, le temps que les eaux se retirent et qu’une nouvelle autorisation soit délivrée.
Cette période de vacance forcée suscite également des préoccupations sécuritaires. Les forces de l’ordre ont déjà intercepté des individus suspectés de vouloir profiter des habitations laissées vides. Des patrouilles renforcées sont donc mises en place pour prévenir tout acte de malveillance, tandis que la commune attend, immobile, que le fleuve retrouve son lit.





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