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Carburant en France : le spectre d’une pénurie s’éloigne, mais l’aviation sous tension

Le blocage du détroit d’Ormuz, conséquence directe du conflit au Moyen-Orient, perturbe les approvisionnements pétroliers mondiaux et ravive les craintes d’une pénurie de carburant en France. Si l’exécutif se montre rassurant, le secteur aérien, particulièrement dépendant du kérosène de la région, subit déjà les premiers contrecoups.
Depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, la fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran constitue un levier de pression majeur sur la scène internationale. Cette voie maritime, par laquelle transite environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, est désormais inaccessible, provoquant des perturbations significatives sur le marché de l’énergie. En France, la question d’une éventuelle pénurie de carburant se pose avec acuité, alors que près de 17% des stations-service métropolitaines connaissent actuellement un manque d’au moins un type de carburant.
Le président de la République a tenu à apaiser les inquiétudes lors d’une récente conférence de presse, affirmant que la situation actuelle ne laissait présager aucune pénurie. Cette déclaration intervenait en réponse aux mises en garde du PDG de TotalEnergies, qui estimait qu’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, de l’ordre de deux à trois mois, pourrait entraîner des difficultés d’approvisionnement. Une analyse plus fine du marché révèle que la France importe relativement peu de pétrole en provenance directe du Moyen-Orient, soit environ 10% de ses approvisionnements. En revanche, le pays pourrait subir une concurrence accrue sur les marchés internationaux, notamment de la part des nations asiatiques prêtes à payer le prix fort pour sécuriser leurs propres approvisionnements.
Pour faire face à une éventuelle rupture des importations, la France dispose de réserves stratégiques équivalentes à 90 jours de consommation, un niveau minimal imposé par les instances internationales. Cette marge de manœuvre offre une certaine protection pour les carburants routiers. Le secteur aérien se trouve toutefois dans une position plus délicate, en raison de sa forte dépendance au kérosène en provenance du Golfe. Cette fragilité s’est déjà matérialisée par l’annonce de la compagnie Transavia, filiale low-cost du groupe Air France-KLM, qui a décidé d’annuler 2% de ses vols prévus pour les mois de mai et juin, invoquant le contexte géopolitique et son impact sur le coût du carburant d’aviation.

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