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Berlin défend son projet spatial national sans lâcher Iris²

L’Allemagne développe son propre système de satellites militaires tout en restant dans la constellation européenne Iris². Une double stratégie qui attise…

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Berlin défend son projet spatial national sans lâcher Iris²

L’Allemagne développe son propre système de satellites militaires tout en restant dans la constellation européenne Iris². Une double stratégie qui attise les mécontentements, notamment côté français.

Marco Fuchs, le patron d’OHB, a mis les points sur les i cette semaine. Son entreprise, spécialisée dans les satellites, planche avec Rheinmetall et Airbus Defence and Space pour offrir à l’armée allemande un réseau de communications façon Starlink. Un système qu’il qualifie de souverain, autonome, taillé sur mesure pour la Bundeswehr. Et Fuchs insiste, ce projet n’est pas en concurrence avec Iris², la grande constellation européenne censée sécuriser les communications du continent.

Pourtant, les critiques montent. En France notamment, on voit d’un mauvais œil cette initiative allemande. L’inquiétude est simple, un programme national pourrait fragiliser Iris², déjà destiné à réduire la dépendance aux solutions américaines comme le réseau d’Elon Musk. Le patron d’OHB ne partage pas cette vision. Pour lui, les deux approches finiront par converger. Il rappelle aussi qu’aucune firme allemande ne figure parmi les trois décisionnaires d’Iris², ce qui justifie, selon lui, une voie séparée.

Les tensions autour du spatial ne sont pas un cas isolé. Cette semaine, l’abandon du projet d’avion de combat franco-allemand, le SCAF, a montré les fissures dans la coopération militaire européenne. Fuchs en a profité pour défendre son partenariat avec Dassault sur une navette spatiale réutilisable, qu’il oppose aux exigences floues du SCAF. Pour lui, la coopération doit reposer sur un vrai consensus industriel, pas sur des décisions politiques imposées.

Mais il met aussi en garde contre les monopoles. Alors que Thalès, Airbus et Leonardo veulent fusionner leurs activités satellites pour rivaliser avec SpaceX, OHB craint d’être exclu des très grands systèmes. Fuchs parle de coûts supplémentaires pour les clients et de concurrence réduite. L’entreprise compte se faire entendre auprès de la Commission Européenne, non pas pour bloquer la fusion, mais pour peser dans le débat. Car derrière les enjeux stratégiques, ce sont aussi des marchés et des emplois qui se jouent.

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