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L’armée vénézuélienne frappe les gangs miniers, des villages entiers se vident

Des hélicoptères larguent des bombes sur les camps de l’Arc minier. Les mineurs fuient par milliers, laissant derrière eux des écoles désertes et des…

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L'armée vénézuélienne frappe les gangs miniers, des villages entiers se vident

Des hélicoptères larguent des bombes sur les camps de l’Arc minier. Les mineurs fuient par milliers, laissant derrière eux des écoles désertes et des commerces pillés.

Au lendemain de l’opération militaire, Brisas de Cuyuni ressemble à une ville fantôme. Les cahiers sont encore ouverts sur les tables de l’école. Le bar est vide, son billard abandonné. Les mines à ciel ouvert sont silencieuses. Partout, des motos chargées de familles et de ballots s’éloignent sur la piste en terre. Certains emportent des tôles, d’autres des tuyaux qui serpentent sur le sol. Un commerçant attend un camion pour évacuer son groupe électrogène et ses climatiseurs. Deux femmes veillent sur leur petit restaurant de bord de route, craignant les pillages. Déjà, certaines maisons ont été mises à sac.

Cette région du sud-est du Venezuela, l’Arc minier, recèle d’immenses richesses or, diamant, bauxite et terres rares. Mais depuis des années, elle échappe au contrôle de l’État. Des gangs armés, comme celui de Juancho ou le célèbre Tren de Aragua, y règnent en maîtres. Ils imposent leurs lois, des taxes sur l’or, des autorisations de travail payées jusqu’à 200 dollars. Lundi, l’armée a lancé une opération d’envergure pour les déloger, appuyée par des hélicoptères et des bombes. Le gouvernement, sous pression américaine, vient d’adopter un nouveau code minier pour attirer les investisseurs étrangers. Mais pour l’instant, les autorités restent silencieuses sur le déroulement de l’opération.

Beaucoup de travailleurs, pourtant, saluent l’intervention. Un mineur raconte les mauvais traitements subis, les taxes impayables, la peur constante. Un autre espère que l’armée restera pour permettre une vie décente. Mais la pauvreté est là. Les campements sont faits de bâches en plastique, les lits posés sur la terre humide sous des moustiquaires. Le travail est dur, dangereux, les éboulements fréquents. Un homme de 53 ans dit « Si on va en ville, la faim va nous tuer ». D’autres attendent, désœuvrés, de savoir si le gouvernement leur permettra de continuer à chercher de l’or ou s’il confiera la zone à des multinationales. Dans l’attente, ils espèrent toujours le gros coup qui changera leur vie.

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