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Bab el-Mandeb aux mains des Houthis, le G7 se range derrière Ryad

Les ministres des Affaires étrangères du G7 affichent leur appui au gouvernement yéménite et à l’Arabie saoudite, alors que les Houthis contrôlent…

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Bab el-Mandeb aux mains des Houthis, le G7 se range derrière Ryad

Les ministres des Affaires étrangères du G7 affichent leur appui au gouvernement yéménite et à l’Arabie saoudite, alors que les Houthis contrôlent désormais le détroit de Bab el-Mandeb et perturbent le commerce planétaire. Ryad, sous pression, cherche des alliés et multiplie les appels à l’aide, sans décrocher pour l’instant un engagement militaire américain.

Depuis que les combattants houthis ont renforcé leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, les exportations saoudiennes encaissent le coup. Le trafic maritime a nettement chuté dans cette zone. Pour Ryad, premier exportateur mondial de brut, ce passage qui relie l’Europe à l’Asie par la mer Rouge et le canal de Suez compte plus que jamais, à mesure que l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz, à l’autre extrémité de la péninsule arabique. Deux verrous sur une même route commerciale, et un commerce mondial sous tension.

Face à ce tableau, les chefs de la diplomatie du G7 ont profité de l’Assemblée générale des Nations unies pour afficher leur position. Ils ont exprimé leur soutien plein et entier au gouvernement yéménite légitime et au royaume saoudien. Ils ont aussi sommé les Houthis, appuyés par Téhéran, de stopper sans délai leurs opérations militaires, leurs menaces et leurs attaques contre les navires civils, et de revenir sincèrement dans le jeu politique. Leur crainte, une déstabilisation économique à l’échelle de la planète.

Sur le terrain, la guerre tue toujours. Les Houthis ont annoncé de nouveaux raids de la coalition conduite par l’Arabie saoudite, qui ont fait six morts à Mokha, ville portuaire du sud-ouest du pays. Parmi les victimes figurent deux enfants et une femme, et huit personnes ont été blessées, dont un enfant et une femme, affirment les Houthis. Samedi, la capitale saoudienne avait été visée pour la première fois depuis la reprise des combats en juillet.

Ryad riposte chaque jour en bombardant les territoires tenus par les Houthis, sans réussir à les faire reculer. Le royaume a donc demandé un coup de main. La France se dit prête à participer à la protection des infrastructures énergétiques de Yanbu et du corridor Est-Ouest, dans une logique strictement défensive, a fait savoir une source diplomatique, en précisant qu’il n’était pas question d’entrer dans le conflit. Côté britannique, le Premier ministre a accepté d’apporter un soutien logistique militaire, avec des avions chargés de ravitailler en vol les chasseurs saoudiens. Une mission d’appui qui se limitera à défendre le pays contre les drones et les missiles.

Les appels à Washington se sont aussi multipliés. Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rachad al-Alimi, soutenu par Ryad, a sollicité l’aide des États-Unis contre les Houthis lors d’un échange téléphonique avec Donald Trump, rapporte son entourage. Le dirigeant américain lui a témoigné sa solidarité après l’offensive éclair des Houthis, qui contrôlent aujourd’hui une grande partie du Yémen, mais sans promettre d’engagement militaire. Le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de fait du royaume, aurait lui aussi pressé Donald Trump d’intervenir et de frapper les Houthis, sans résultat pour le moment.

Le chef des Houthis, Abdel Malek al-Houthi, a de son côté pris la parole pour dénoncer 760 raids saoudiens à ce jour. Il a surtout mis en garde les alliés de Ryad, en particulier la Turquie et le Pakistan, signataires en août d’un pacte de défense scellé à La Mecque avec l’Arabie saoudite. Son message, ne pas se laisser entraîner dans ce conflit pour des gains politiques ou financiers tirés de l’ennemi saoudien. Une façon de dire que l’élargissement du front reste une option, et un risque.

Le Yémen est en guerre depuis 2014, quand les Houthis se sont emparés de la capitale Sanaa puis de vastes régions. En mars 2015, l’Arabie saoudite a lancé une intervention militaire pour tenter de les repousser. Le rapport de force, lui, n’a toujours pas basculé.

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