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Au Kansas, la campagne se transforme en échange d’attaques et lasse les électeurs

À l’approche du scrutin du 3 novembre, les coups bas entre candidats envahissent téléphones, télévisions et boîtes aux lettres. Dans un comté rural du…

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Au Kansas, la campagne se transforme en échange d’attaques et lasse les électeurs

À l’approche du scrutin du 3 novembre, les coups bas entre candidats envahissent téléphones, télévisions et boîtes aux lettres. Dans un comté rural du Kansas, des habitants racontent leur fatigue et leur envie d’entendre enfin des propositions.

Stephanie Huser, 35 ans, agricultrice et mère de cinq enfants, vit dans un comté rural du Kansas. Elle dit recevoir presque chaque heure des SMS, des appels, des courriels ou des tracts dirigés contre l’un ou l’autre candidat. L’ambiance est devenue délétère à ses yeux. Elle montre sur son téléphone la masse de messages accumulés et trouve la situation risible. Son constat rejoint celui de nombreux électeurs croisés dans la région, à quelques jours d’un scrutin de mi-mandat particulièrement disputé.

Dans cet État des Grandes plaines, l’un des duels les plus serrés du pays oppose le sénateur républicain sortant Roger Marshall au pasteur démocrate Adam Hamilton. Les attaques circulent à la télévision, sur les réseaux sociaux et sur des tracts. Le républicain, obstétricien de métier, est accusé de mentir aux habitants, de faire croire qu’il vit au Kansas ou encore d’avoir fait arrêter des patients qui ne pouvaient pas payer leurs soins. Le démocrate est visé par d’autres messages, qui lui reprochent d’avoir critiqué la consommation de bœuf dans un sermon, d’être trop « woke » ou de ne pas avoir pris au sérieux, par le passé, des accusations de pédocriminalité contre un membre de son église.

Joyce Bracken, 80 ans, serveuse dans un restaurant local, ne cache pas son agacement. Elle en a assez d’entendre les candidats se critiquer sans relâche. Ce qu’elle veut, dit-elle, c’est savoir ce que chacun compte faire, pas ce que l’autre aurait dû faire ou aurait mal fait. Cette lassitude n’empêche pas les campagnes de miser sur les attaques. Don Haider-Markel, professeur de science politique à l’université du Kansas, observe des publicités négatives diffusées bien plus tôt que d’habitude et de façon continue, avec une présence marquée côté républicain. La méthode consiste à multiplier les reproches pour que quelques-uns finissent par marquer, tout en démoralisant le camp adverse.

La surenchère peut aller loin. Dans la course au poste de gouverneur de l’Ohio, une publicité du candidat républicain Vivek Ramaswamy a fait parler d’elle à l’échelle nationale. Elle met en scène la mère de son adversaire démocrate Amy Acton pour l’accuser de mensonges. Or les deux femmes sont brouillées depuis que la candidate, alors âgée de 12 ans, a accusé son beau-père de l’avoir agressée sexuellement pendant plusieurs années et reproché à sa mère de ne pas être intervenue pour la protéger.

Les électeurs ne sont pas les seuls à sentir cette tension. Une enquête d’opinion indique qu’une large majorité d’Américains jugent la rhétorique politique excessive et virulente. Ils sont 69 % à estimer que les républicains vont trop loin dans leurs attaques verbales, et 60 % à penser la même chose des démocrates, des niveaux plus élevés qu’en 2011. À Kansas City, ville frontalière avec le Missouri, Diana Martin, 82 ans, retraitée, dit ne plus supporter les messages politiques qui tournent en boucle. Elle précise capter les publicités des deux États et attend avec impatience la fin de la campagne.

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