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Au Brésil, la bataille pour les femmes commence

Lula et Flavio Bolsonaro lancent leur campagne en visant le même électorat décisif. Les femmes peuvent faire basculer un scrutin qui s’annonce extrêmement…

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Au Brésil, la bataille pour les femmes commence

Lula et Flavio Bolsonaro lancent leur campagne en visant le même électorat décisif. Les femmes peuvent faire basculer un scrutin qui s’annonce extrêmement serré.

Dimanche, les deux poids lourds de la présidentielle brésilienne ont donné le coup d’envoi de leur course. D’un côté, Luiz Inacio Lula da Silva, 80 ans, candidat à un quatrième mandat. De l’autre, Flavio Bolsonaro, 45 ans, qui reprend le flambeau de son père Jair, aujourd’hui derrière les barreaux pour tentative de coup d’État. Les deux hommes regardent vers un même groupe d’électeurs, les femmes, qui représentent 53% des 158 millions de votants inscrits.

Lula a choisi de revenir sur ses terres, à Sao Bernardo do Campo, dans le sud-est du pays. C’est là que l’ancien ouvrier métallurgiste a construit sa légende, dans les années 1970, en organisant de grandes grèves sous la dictature militaire. Environ 40.000 personnes ont rempli le stade aux couleurs du Parti des travailleurs. Parmi elles, Luiz Turco, un ancien compagnon de lutte, racontait que Lula parlait sans micro à l’époque, et que ses mots passaient de bouche à oreille jusqu’au dernier camarade. Le président sortant, opéré récemment d’un cancer de la peau, a choisi ce décor pour adresser un message direct aux hommes. Il faut apprendre dès l’enfance qu’un homme ne vaut pas mieux qu’une femme, a-t-il lancé. Sa femme Janja a enchaîné avec une chanson et une promesse. Les femmes sont majoritaires et elles vont le réélire.

Flavio Bolsonaro, lui, a investi la plage de Copacabana à Rio de Janeiro, vêtu d’un maillot de la sélection brésilienne comme son père aimait le faire. Il se présente en version plus modérée de son géniteur, mais assume la ressemblance. Comparer le fils de Pelé à Pelé, c’est difficile, a-t-il glissé. Environ 9.000 personnes ont répondu à l’appel, un chiffre bien loin des grandes marées humaines que Jair Bolsonaro savait rassembler au même endroit. Le sénateur promet une ligne dure contre la criminalité, la première préoccupation des électeurs. Il a notamment évoqué la castration chimique pour les agresseurs de femmes et d’enfants, une annonce choc qui vise clairement à séduire un électorat inquiet de la violence.

Les sondages donnent un duel au coude à coude pour le second tour, avec 43% pour Lula et 40% pour Flavio Bolsonaro. Le contexte international pèse aussi sur la campagne, avec les droits de douane imposés par Donald Trump au Brésil. Lula se pose en défenseur de la souveraineté nationale, tandis que son rival mise sur la nostalgie du bolsonarisme. Dans la foule de Copacabana, un étudiant en droit de 21 ans résumait l’état d’esprit d’une partie des électeurs. Il aurait préféré voter pour Jair, mais comme Jair n’est pas là, il vote pour le fils. Un vote de protestation, dit-il. Les femmes, elles, se souviennent que leur mobilisation avait offert la victoire à Lula en 2022. Cette fois encore, elles tiennent peut-être l’issue du scrutin entre leurs mains.

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