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Agathe Habyarimana conteste la reprise de l’enquête sur son implication dans le génocide rwandais
La veuve de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana a annoncé son intention de se pourvoir en cassation contre la décision de la justice française d’annuler le non-lieu dont elle bénéficiait et de relancer les investigations sur son rôle présumé dans le génocide de 1994.
Agathe Habyarimana, âgée de 83 ans, a fait savoir par la voix de son avocat qu’elle contesterait devant la plus haute juridiction judiciaire française l’arrêt rendu le 6 mai par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Cette décision avait infirmé le non-lieu prononcé en août 2024 par les juges d’instruction, comme le réclamaient le Parquet national antiterroriste et les parties civiles. L’ex-Première dame du Rwanda est visée depuis 2007 par une information judiciaire pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité, ouverte après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda.
Maître Philippe Meilhac, son conseil, a estimé que les nouvelles mesures d’instruction ordonnées par la cour d’appel étaient disproportionnées. Selon lui, ces actes, qui relèvent de la coopération internationale, représentent un coût important pour la collectivité et allongeraient encore une procédure déjà qualifiée de déraisonnable, près de vingt ans après son ouverture. Il a annoncé que sa cliente solliciterait un examen immédiat du pourvoi, lequel aura un effet suspensif, et qu’elle n’excluait pas de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme.
L’ancienne épouse du président hutu Juvénal Habyarimana, dont l’assassinat le 6 avril 1994 a déclenché les massacres contre la minorité tutsi, a toujours nié toute implication politique. Elle se présente comme une mère de famille éloignée des affaires de l’État, et les juges d’instruction l’avaient décrite comme une victime de l’attentat qui a coûté la vie à plusieurs de ses proches. Placée sous le statut de témoin assisté depuis 2016, elle n’a jamais été mise en examen, contrairement aux réquisitions du parquet.
Dans son arrêt, la chambre de l’instruction a estimé qu’il convenait de trouver un juste équilibre entre le respect du délai raisonnable de la procédure et la nécessité de mener toutes les investigations utiles à la manifestation de la vérité. Tout en reconnaissant la complexité et la longueur des actes à accomplir, elle a écarté certaines auditions jugées non justifiées mais validé d’autres demandes, comme une commission rogatoire aux autorités américaines concernant un courrier adressé par Agathe Habyarimana au président Bill Clinton, élément susceptible de révéler son niveau d’influence politique. La chambre a également ordonné l’audition du journaliste Laurent Larcher, spécialiste du génocide.
Les parties civiles ont salué cette décision. Maître Rachel Lindon, avocate de l’association Ibuka France, a estimé que le pourvoi en cassation était voué à l’échec, la chambre ayant argumenté de manière précise sur les actes nécessaires à l’enquête. Elle a souligné que la justice avait su concilier le droit à une instruction minutieuse avec le respect des délais. Le président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda, Alain Gauthier, a quant à lui qualifié le pourvoi de mesure dilatoire destinée à retarder une éventuelle mise en examen, estimant que l’arrêt ne comportait aucun motif sérieux de cassation.
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