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Le chômage grimpe doucement mais sûrement et les jeunes trinquent

La hausse des inscrits à France Travail se poursuit, gonflée en partie par l’arrivée de nouveaux publics comme les allocataires du RSA. Derrière cette…

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Le chômage grimpe doucement mais sûrement et les jeunes trinquent

La hausse des inscrits à France Travail se poursuit, gonflée en partie par l’arrivée de nouveaux publics comme les allocataires du RSA. Derrière cette progression d’apparence modérée, les moins de 25 ans et les chômeurs de longue durée encaissent le plus dur.

Les chiffres confirment une tendance installée depuis le début 2024. À la fin du troisième trimestre, 3,35 millions de personnes sans aucune activité restaient inscrites à France Travail, soit 30 400 de plus qu’au trimestre précédent. Cela représente une hausse de 0,9 % sur trois mois et de 2,1 % sur un an. En ajoutant les inscrits en activité réduite, le total grimpe à 5,85 millions, avec une progression de 0,8 % sur le trimestre et de 2,4 % sur l’année. Pour situer le climat, le taux de chômage tournait autour de 8,3 % au deuxième trimestre. Les données du troisième trimestre sont attendues le mois prochain.

Une partie de cette progression tient à un effet mécanique. Depuis janvier 2025, la loi plein emploi impose l’inscription automatique des allocataires du RSA et des jeunes engagés dans un parcours d’insertion. Le ministère du Travail parle d’une hausse qui « reste modérée » et rappelle que les statistiques sont « influencées » par ce dispositif. Sans ces nouveaux publics, l’augmentation retombe à 0,3 % sur le trimestre et à 0,9 % sur un an. Autre paramètre, la réforme des sanctions a fait chuter les radiations administratives, autour de 3 700 sorties en moyenne au troisième trimestre contre 45 000 au début de 2025.

Le mouvement de fond, lui, ne se dément pas. « On a quand même une hausse continue » du chômage, dans le cadre « d’un ajustement qui se poursuit », résume l’économiste Mathieu Plane, de l’OCDE, qui compte environ 350 000 chômeurs supplémentaires en catégorie A depuis le début 2024. Le marché du travail se dégrade par petites touches, sans à-coup brutal, mais sans réelle embellie non plus.

Les jeunes paient le plus lourd tribut. Plus souvent en CDD, en intérim ou en apprentissage, et l’apprentissage recule avec la baisse des aides publiques, ils se retrouvent en première ligne. Les inscriptions liées à une première entrée sur le marché du travail bondissent de 17,4 % sur un an, celles qui suivent une fin de contrat de 13,4 %. Chez les moins de 25 ans sans activité, les inscrits augmentent de 2,4 % sur le trimestre et de 2 % sur un an. En comptant l’activité réduite, la hausse atteint 1,5 % sur le trimestre et 3,4 % sur l’année. Leur taux de chômage, mesuré selon les normes du Bureau international du travail, s’établissait à 21,6 % au deuxième trimestre, très loin des 8,3 % tous âges confondus. La CGT résume la situation en affirmant que « les jeunes paient le prix fort de la dégradation de l’emploi ».

Les 25-49 ans ne sont pas épargnés, avec 3,5 % d’inscrits en plus sur un an parmi ceux sans activité, et 3,2 % en incluant l’activité réduite. Les seniors de 50 ans et plus font exception, avec des inscriptions stables, voire en baisse de 0,8 % pour la seule catégorie A. Le vrai point noir reste le chômage de longue durée. Toutes catégories confondues, les inscrits depuis un an ou plus progressent de 8,4 %, à 2,73 millions, et frôlent désormais la moitié du total, à 46,8 %. « Quand le marché du travail se dégrade progressivement, on a un vieillissement au chômage, c’est classique », observe Mathieu Plane, qui file la métaphore d’une « file d’attente » dont le bout serait occupé par les jeunes et les chômeurs de longue durée.

D’autres signaux pointent dans la même direction. Les licenciements économiques augmentent de 6,6 % sur un an. Et les inscrits en parcours social, dans la catégorie F, continuent de gonfler pour atteindre 597 000, soit 10,4 % de plus sur le trimestre, sous l’effet de l’inscription des allocataires du RSA.

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