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Sept millions d’électeurs et un verdict qui menace Benjamin Netanyahu

Les Israéliens votent pour la première fois depuis le 7 octobre 2023, dans un scrutin au coude-à-coude qui ressemble à un référendum sur le Premier…

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Sept millions d'électeurs et un verdict qui menace Benjamin Netanyahu

Les Israéliens votent pour la première fois depuis le 7 octobre 2023, dans un scrutin au coude-à-coude qui ressemble à un référendum sur le Premier ministre. Les deux camps promettent rien de moins que la survie du pays, pour des raisons radicalement opposées.

Le pays retourne aux urnes. Plus de sept millions d’électeurs israéliens, 7,3 millions très exactement, sont appelés à désigner leurs députés, une première depuis l’attaque du 7 octobre 2023. Le rendez-vous a des allures de référendum pour Benjamin Netanyahu, à la tête du gouvernement le plus à droite de l’histoire du pays. Il se tient aussi dans un climat de critiques internationales de plus en plus dures sur la conduite de la guerre à Gaza, sur les violences et sur l’extension des colonies en Cisjordanie occupée.

Les dernières enquêtes d’opinion placent la coalition de droite et d’extrême droite du Premier ministre et le bloc d’opposition conduit par Gadi Eisenkot, ancien chef de l’armée devenu figure centriste, à égalité. Ni l’un ni l’autre ne semble en mesure d’atteindre les 61 sièges de la Knesset qui garantissent la majorité. Les tractations s’annoncent donc longues une fois le vote clos.

Côté sortant, l’argument reste la sécurité. À 77 ans, dont 19 passés à la tête du gouvernement, soit plus que n’importe lequel de ses prédécesseurs, Benjamin Netanyahu veut convaincre qu’il reste le mieux placé pour protéger le pays, malgré l’échec du 7 octobre. Il met en avant les coups portés au Hamas à Gaza et au Hezbollah au Liban. Il a aussi promis de « finir le travail » en Iran s’il l’emporte, des menaces répétées qui pourraient élargir un conflit régional dont les effets se font déjà sentir bien au-delà du Proche-Orient. Ses ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ont, eux, présenté des projets d’expulsion des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie occupée.

Face à eux, l’opposition pose la question autrement. Pour ses partisans, ce vote doit sauver la démocratie israélienne, alors que Benjamin Netanyahu, jugé pour corruption, n’a cessé de s’attaquer au pouvoir judiciaire. Gadi Eisenkot a mené une campagne plus discrète que son rival, misant sur la sobriété et le sérieux, avec la promesse de « rassembler à nouveau tous les Israéliens ». Son camp réunit les anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid, ainsi que les politiques chevronnés Avigdor Liberman et Yaïr Golan. Tous se sont engagés à créer une commission d’enquête pour établir les responsabilités dans les défaillances qui ont conduit au 7 octobre.

Dans la rue, l’échéance pèse. Urielle Brandler, 58 ans, travaille dans l’immobilier à Jérusalem et se dit « très, très stressée ». Pour elle, il s’agit de « l’une des élections les plus importantes de l’histoire » du pays, et elle espère « un changement pour le mieux, dans tous les domaines ». Zipporah Bennett, 85 ans, retraitée dans la même ville, votera en revanche pour le Premier ministre sortant parce qu’« il n’a pas peur de prendre des initiatives » et qu’il bénéficie « de l’appui du gouvernement américain ». Or Horning, 39 ans, employé de la tech à Tel-Aviv, veut tourner la page « des guerres, des attaques terroristes, de tous ces traumatismes, du plus grand scandale sécuritaire de l’histoire d’Israël ». « On mérite d’avoir un pays qui n’est pas détesté par le monde entier et qui prend soin de ses citoyens. Ce n’est pas le cas actuellement », lâche-t-il.

Les médias du pays parient sur une forte participation, à la hauteur des enjeux. Des dizaines de milliers d’expatriés ont fait le déplacement pour glisser un bulletin, et la minorité arabe israélienne, qui représente 20 % de la population et se dit discriminée comme jamais, est portée par une puissante envie de dégager les sortants. Les grandes chaînes diffuseront leurs projections dès la fermeture des bureaux, les résultats officiels n’étant attendus que dans les jours suivants.

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