Monde
Eisenkot tend la main à un pays fracturé, Netanyahu mise sur la peur
À deux jours du scrutin, l’ancien chef d’état-major promet de rassembler tous les Israéliens et de clore trois décennies de pouvoir Netanyahu. Le Premier…

À deux jours du scrutin, l’ancien chef d’état-major promet de rassembler tous les Israéliens et de clore trois décennies de pouvoir Netanyahu. Le Premier ministre sortant, lui, axe tout sur la sécurité et savoure un nouveau soutien de Donald Trump.
Devant plusieurs centaines de sympathisants réunis à Tel-Aviv pour son dernier meeting, Gadi Eisenkot a joué la carte du rassemblement. Son bloc et celui de Benjamin Netanyahu sont annoncés au coude-à-coude, et l’ancien chef d’état-major a choisi de s’adresser au-delà de ses troupes. Il a tendu la main aux électeurs du Likoud, leur glissant qu’au fond d’eux-mêmes ils savent que le pays ne peut pas continuer sur cette voie. Son credo, a-t-il insisté, n’est pas qu’un camp écrase l’autre mais de réunir à nouveau tous les Israéliens, qu’ils aient voté pour lui ou non.
Il a aussi posé ses engagements. Sécurité, économie, et une rupture nette avec la gouvernance de son adversaire, présent sur la scène politique depuis trente ans. Sur le 7 octobre 2023, il impute des responsabilités à Benjamin Netanyahu dans les défaillances qui ont ouvert la voie à l’attaque du Hamas, et promet une commission d’enquête indépendante. Il résume sa conception du pouvoir en assurant qu’il regardera toujours les électeurs dans les yeux pour leur dire la vérité, en assumant aussi bien les réussites que les échecs.
Dans la salle, le message fait mouche. Yael Shkedi, créatrice de bijoux de 66 ans, voit en lui un pilier, quelqu’un de fiable, une sorte de figure paternelle capable de rassembler au milieu du chaos. Chen Sharon, réserviste du secteur de la high-tech, dit chercher un homme dont il peut réellement partager les valeurs.
En face, Benjamin Netanyahu n’a pas changé de logiciel. Donald Trump lui a renouvelé son appui, saluant sur son réseau social un Premier ministre guerrier hors pair et citant la guerre menée avec les États-Unis contre l’Iran. Sur une chaîne privée qui lui est favorable, le chef du gouvernement a de nouveau accusé ses rivaux de vouloir un État palestinien, ce qu’il présente comme une catastrophe pour le pays. Toute sa campagne repose sur l’idée qu’il est le seul garant de la sécurité.
Le thème iranien lui sert de fil rouge. Il revendique les résultats de l’offensive lancée en février contre Téhéran aux côtés de Donald Trump et assure que l’essentiel du travail est fait, laissant entendre que lui seul peut finir le travail. Il a même diffusé une image générée montrant un champignon atomique engloutissant ce qui ressemble à Tel-Aviv, pour présenter l’Iran comme une menace existentielle éclipsant tout le reste.
Gadi Eisenkot, opposé lui aussi à la création d’un État palestinien mais décidé à sévir contre les violences de colons en Cisjordanie occupée, accuse son rival d’instrumentaliser la peur. Il lui a reproché sur le réseau X d’avoir échoué de façon spectaculaire à atteindre les objectifs de guerre qu’il s’était fixés. Yaïr Lapid, figure de l’opposition qui a promis de s’allier à lui, s’est insurgé contre la mise en scène atomique, jugeant que cet homme a perdu les pédales et qu’il faut le renvoyer chez lui.
À lire aussi

SociétéEn Ligne 5 joursÀ Ulm, le blocage devient une école de la critique
PolitiqueEn Ligne 5 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
PolitiqueEn Ligne 7 joursAprès les violences, le RN veut incarner l’ordre
SociétéEn Ligne 6 joursLa CFDT réclame cent euros de plus pour tous et dénonce dix ans de verticalité
SociétéEn Ligne 6 joursLes livreurs veulent pouvoir échapper aux manifs sans perdre leur paie
PolitiqueEn Ligne 6 joursUltragauche, extrême gauche radicale et jeunes des quartiers, une alliance inédite dans les violences
Faits DiversEn Ligne 3 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
PolitiqueEn Ligne 6 joursCouvre-feux prolongés, Lecornu consulte les syndicats sans convier les lycéens
















