Monde
Maria Corina Machado revient au Venezuela et réclame des élections
Après près d’un an d’exil, la prix Nobel de la paix a retrouvé son pays et rallié Caracas sous les acclamations. Son retour met la pression sur le pouvoir…

Après près d’un an d’exil, la prix Nobel de la paix a retrouvé son pays et rallié Caracas sous les acclamations. Son retour met la pression sur le pouvoir intérimaire, sommé d’organiser un scrutin.
Le retour a ressemblé à une marche triomphale. Maria Corina Machado a d’abord été acclamée par ses partisans à Guacara, dans le nord du Venezuela, avant de parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour rejoindre la capitale en soirée. Devant la foule, la cheffe de l’opposition a lancé que son pays « est en train de donner une leçon au monde entier ». Sur son passage, les slogans se sont répétés sans relâche, réclamant « des élections, plus de dialogue, des élections tout de suite ».
Ce retour intervient après une longue absence. Elle avait quitté le territoire en décembre 2025 pour aller chercher son prix Nobel, au terme de presque un an de clandestinité, pendant une vague d’arrestations déclenchée par la réélection contestée de Nicolas Maduro en 2024. Cette répression avait fait 28 morts et plus de 2 400 interpellations, parmi lesquelles des dizaines de collaborateurs de l’opposante. Figure d’une droite libérale attachée à l’économie de marché, elle revient neuf mois après la capture de Nicolas Maduro par les autorités américaines.
Son apparition publique sonne comme un défi direct à Delcy Rodriguez. La présidente par intérim conduit avec une frange de l’opposition des négociations destinées à préparer une transition démocratique, discussions dont Maria Corina Machado a été tenue à l’écart. Rodriguez promet que des élections auront lieu, sans jamais avancer de date. Son camp, lui, réclame une présidentielle en 2027, et des milliers de Vénézuéliens avaient déjà manifesté dans plusieurs villes quelques jours plus tôt pour exiger le retour de leur leader.
À Washington, le retour est présenté comme une étape du rapprochement en cours. Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio y voit le « résultat direct » du processus de « réconciliation » mené sous l’égide des États-Unis. Il appelle toutes les forces politiques à soutenir ces discussions, qu’il décrit comme la meilleure chance offerte au pays en trente ans d’aboutir pacifiquement à des élections libres et à une démocratie durable. Donald Trump, de son côté, a assuré ne pas être informé de ce retour. « Je ne sais rien à ce sujet, mais je pense que c’est une femme très agréable. Elle m’a donné son prix Nobel, alors comment pourrais-je dire autre chose ? Et j’espère qu’elle est en sécurité », a-t-il réagi face aux journalistes.
Dans les rangs de l’opposition, l’émotion domine. Edmundo Gonzalez Urrutia, exilé lui aussi et allié de longue date, s’est dit « extrêmement ému » d’annoncer que « notre leader, ma chère Maria Corina, est sur le territoire vénézuélien », parlant d’« un jour très important pour les Vénézuéliens ». Déclarée inéligible, elle avait fait de lui son candidat à la présidentielle, un scrutin dont il revendique la victoire. Dinorah Figuera, qui mène la délégation de l’opposition aux pourparlers, a célébré un « retour en liberté » découlant des négociations avec le gouvernement intérimaire. Plusieurs cadres de Vente Venezuela sont d’ailleurs rentrés d’exil ces dernières semaines. Le parti continue d’exiger la levée de l’inéligibilité de sa dirigeante, d’autant qu’une magistrate du Tribunal suprême a reconnu avoir signé cette décision sous la contrainte, alors que ses frères militaires et sa belle-sœur avaient été arrêtés.
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