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À Lowell, un centre de données fait du bruit et divise encore les voisins

Près de dix ans après son installation à Lowell, dans le Massachusetts, un centre de données continue de diviser. Une riveraine dénonce le bruit, la…

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À Lowell, un centre de données fait du bruit et divise encore les voisins

Près de dix ans après son installation à Lowell, dans le Massachusetts, un centre de données continue de diviser. Une riveraine dénonce le bruit, la poussière et les risques sanitaires, tandis qu’un habitant défend les emplois et l’activité économique.

À Lowell, ancienne cité industrielle proche de Boston, Eileen Castle, 82 ans, vit à quelques mètres du site. L’imposant bâtiment sombre a pris place dans une ancienne usine de pâtes alimentaires laissée à l’abandon. Depuis, elle dit ne plus profiter de son jardin et de sa petite piscine hors-sol. Elle parle d’un bruit constant, de poussière, de saleté et de panaches qui sortent des cheminées de refroidissement voisines. Elle craint aussi d’attraper une maladie respiratoire. Ses petits-enfants ne viennent plus se baigner. Elle a songé à vendre sa maison, mais sa valeur s’est effondrée.

À quelques rues, Louis Haas, 50 ans, défend une autre lecture. Cet homme qui travaille dans la fourniture de café pour des entreprises de la tech salue l’installation, qui a remplacé une friche industrielle devenue un repère pour les toxicomanes. Il se présente comme un démocrate de gauche, mais assume aussi son soutien aux emplois et à l’économie locale. Pour lui, le projet a apporté quelque chose à des habitants comme lui.

La discorde est ancienne. Près de dix ans après la construction, elle resurgit alors que le boom de l’intelligence artificielle accélère les chantiers de centres de données aux États-Unis. La querelle s’est invitée dans la campagne des élections de mi-mandat. Des électeurs, surtout à gauche, estiment avoir été trahis par des élus qui ont cherché à attirer ces investissements.

L’entreprise Markley, derrière le site, affirme employer plus d’une centaine de personnes, dont un tiers originaires de la région. Son directeur, Jeff Markley, assure que le centre fournit une infrastructure numérique utile à l’économie, aux écoles et aux besoins quotidiens. La société minimise aussi les nuisances. Les générateurs diesel, prévus en cas de coupure, ne tournent que cinq minutes pendant les tests et feraient moins de bruit qu’une conversation discrète à un mètre. Markley dit encore mener des contrôles sur les rejets et avoir planté environ 2 000 arbres.

La ville de Lowell a signé en 2015 un accord qui a permis à l’entreprise d’éviter 77 millions de dollars d’impôts locaux. Le climat a depuis changé. Le conseil municipal a voté à l’unanimité un moratoire d’un an sur la construction de centres de données. L’extension envisagée par Markley a été gelée après une action de riverains. Adam Reynolds, avocat d’une association environnementale qui représente des habitants, souligne que sur ce type d’ancien site industriel, l’effet cumulatif de la pollution pèse lourd.

Beaucoup de riverains se sentent abandonnés par les démocrates, y compris par la gouverneure du Massachusetts. Elle a soutenu des niches fiscales pour les centres de données avant de changer de cap et de suspendre les demandes de projets. Luz Marte, elle, en veut à Markley. Elle soupçonne un projet de l’entreprise d’avoir fait tripler l’assurance habitation de la maison qu’elle a achetée récemment. Elle voulait y offrir un cadre stable à son fils. Aujourd’hui, elle doute de l’avenir de cette maison.

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