Politique
Bardella reconduit à la tête du RN avec un soutien massif et des ombres
Jordan Bardella a été reconduit à la présidence du Rassemblement national avec plus de 76 000 voix de militants. Le soutien de Marine Le Pen, les…

Jordan Bardella a été reconduit à la présidence du Rassemblement national avec plus de 76 000 voix de militants. Le soutien de Marine Le Pen, les accusations d’antisémitisme qu’il rejette et la mobilisation adverse à Orléans dessinent une ascension sous tension.
Jordan Bardella avait rêvé de l’Élysée. Il devra pour l’instant se contenter de garder les rênes du Rassemblement national. Réélu à la présidence du parti, il a obtenu plus de 76 000 voix de militants. Il était le seul candidat. La participation a triplé depuis son arrivée aux commandes. Ce plébiscite interne cache pourtant un autre rapport de force. À Orléans, entre 13 000 et 26 000 opposants ont manifesté contre le congrès du parti. Une mobilisation d’une ampleur rare depuis le congrès de Strasbourg.
Le jeune président du RN redevient surtout le dauphin de Marine Le Pen. La cheffe du parti prépare une nouvelle campagne présidentielle et le voit comme un Premier ministre possible si le RN accède au pouvoir. Elle lui avait demandé de se tenir prêt à la suppléer. Après une période compliquée, il a reconnu ne pas être un robot et avoir montré ses difficultés quand ça allait mal. Marine Le Pen a jugé violent de le débrancher ainsi. D’autres cadres lui conseillent la patience.
Il a ensuite repris un rythme intense. Foire de Châlons, Mondial de l’Auto, déplacements en Angleterre, en Italie et en Espagne. Il veut donner corps à sa stature de futur chef de gouvernement. Il s’est aussi affiché à la basilique de Menton, alimentant les rumeurs d’un parachutage sur la Côte d’Azur. Le RN a réussi son entrée au Sénat. Puis des écrits de jeunesse antisémites lui ont été attribués. Il dément, a porté plainte pour diffamation et dénonce une campagne venue d’une presse qu’il qualifie d’extrême gauche. Il parle d’une barbouzerie et se pose en victime d’une tentative d’assassinat politique.
Marine Le Pen le proclame innocent et lui accorde sa confiance à 1 000 %. Les cadres serrent les rangs. Un lieutenant reconnaît que le parti a fait tapis en le soutenant. Jordan Bardella veut maintenant tourner la page. Il mise sur un livre intitulé Gouverner, à la fois programme politique et outil de campagne. La tournée qui l’accompagne doit l’aider à restaurer son image et à convaincre des électeurs. Une manière de transformer le vote des militants en base solide pour la suite.
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