Politique
Couvre-feux prolongés, Lecornu consulte les syndicats sans convier les lycéens
Le gouvernement reconduit des couvre-feux locaux et mise sur une réunion avec les syndicats pour sécuriser les manifestations. Les organisations…

Le gouvernement reconduit des couvre-feux locaux et mise sur une réunion avec les syndicats pour sécuriser les manifestations. Les organisations lycéennes, elles, restent absentes de ce rendez-vous alors que leurs revendications n’ont pas disparu.
La nuit a été marquée par de nouveaux couvre-feux dans plusieurs villes, pour la deuxième fois d’affilée, afin d’éviter une répétition des violences du week-end. À Marseille, l’hyper-centre est concerné jusqu’à vendredi inclus. À Toulouse, la mesure doit s’appliquer de jeudi à dimanche autour du Capitole et des rues commerçantes du centre. Le gouvernement veut sortir de la tension sans renoncer au rétablissement de l’ordre.
À Paris, les abords du forum des Halles sont restés calmes. Les passants ont été invités à quitter les lieux, les gendarmes étaient déployés en nombre et un hélicoptère survolait la zone, projecteur allumé. Sur la Presqu’île de Lyon, des piétons pressaient le pas sous une pluie incessante, certains disant ne pas connaître l’existence du couvre-feu. Anne-Marie, attablée à un café avec des amis, y voit un premier pas qui la rassure. Natacha, 25 ans, commerciale, ne comprend pas pourquoi elle serait punie à cause de ceux qui manifestent ou cassent. Elle redoute encore des violences samedi.
Sébastien Lecornu reçoit mercredi les cinq syndicats représentatifs CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez sera présent. Le courrier adressé aux organisations évoque les voies et moyens pour garantir l’indispensable liberté de manifester, que certains essaient de dévoyer en l’associant à des actes inacceptables.
De nouvelles manifestations sont annoncées samedi à l’appel de gilets jaunes et de mouvements lycéens, puis le 5 novembre à l’appel des syndicats. La CFDT et la CGT regrettent que les organisations lycéennes n’aient pas été conviées. La CGT avait demandé leur participation. Lecornu veut aborder les réponses à leurs revendications sur les emplois du temps, les remplacements, la rénovation des bâtiments ou Parcoursup. Il promet des premières annonces la semaine prochaine, dont le Parlement pourra s’emparer dans le débat budgétaire.
La CFDT prévient qu’il n’est pas question de ne parler que de l’organisation de la mobilisation du 5 novembre ou de recevoir une simple leçon de responsabilité sur les violences, qu’elle condamne. Le pouvoir d’achat, priorité des salariés et des agents, doit être traité urgemment, insiste-t-elle. Le Défenseur des droits a reçu 46 saisines depuis le début du mouvement lycéen, dont plus d’une dizaine portent sur des faits du week-end. Lecornu assure qu’il ne parlera pas que d’ordre public et fera un point précis sur le budget, le pouvoir d’achat et les carburants, dont les prix augmentent fortement. Des réflexions pourraient être reprises à la fin de la discussion budgétaire en décembre.
Les syndicats attendent aussi des réponses concrètes à des revendications étouffées depuis le 17 octobre. Sur la sécurité, ils mettent en avant leur savoir-faire pour encadrer les cortèges et empêcher les infiltrations. Le président de la CFTC Cyril Chabanier reconnaît une limite. Des gens présents dans des rues voisines et prêts à casser ne peuvent pas être gérés par les organisateurs, dit-il, tout en jugeant important d’être dans la rue le 5 novembre. Le secrétaire général de l’Unsa Laurent Escure estime qu’on ne peut pas se laisser voler notre capacité à offrir des débouchés pacifiques à la colère sociale.
Jeudi, Lecornu recevra les partis politiques. Il reviendra sur les difficultés rencontrées le 17 octobre et abordera la sécurisation de la campagne présidentielle, en exigeant de ses interlocuteurs la condamnation de la violence. Sur les 557 gardes à vue après les violences et pillages commis à Paris, 300 personnes ont comparu devant un magistrat et aucune n’a revendiqué un mobile politique, a relevé la procureure de Paris Laure Beccuau. Le gouvernement, lui, accuse l’ultragauche des violences.
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