Faits Divers
Aubagne, la piste d’une communauté en ligne qui idolâtre les tueurs de masse
Un collégien de 14 ans a ouvert le feu dans son établissement d’Aubagne, blessant le principal et une enseignante. L’enquête, reprise par le parquet…


Un collégien de 14 ans a ouvert le feu dans son établissement d’Aubagne, blessant le principal et une enseignante. L’enquête, reprise par le parquet national antiterroriste, met au jour son adhésion probable à une mouvance numérique qui célèbre les auteurs de tueries de masse.
Le garçon est scolarisé en 3e. Armé d’un fusil de chasse, il a tiré dans son collège des Bouches-du-Rhône, touchant le principal et une professeure. Il a ensuite été désarmé et maîtrisé par le conseiller principal d’éducation de l’établissement. Aucune des deux victimes ne se trouve dans un état qui met sa vie en danger. Le mineur a été placé en garde à vue.
C’est l’exploitation de ses supports numériques qui a fait basculer le dossier. Le parquet de Marseille s’est dessaisi, et le parquet national antiterroriste a repris l’affaire. Les investigations, menées en flagrance, visent des tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, une association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes, et des infractions à la législation sur les armes rattachées à la même entreprise terroriste. Ce que les enquêteurs ont découvert dans les appareils du mineur montre une adhésion probable à la True Crime Community, la TCC, et rattache son passage à l’acte à cette idéologie. D’autres précisions doivent suivre à la fin de la garde à vue.
Derrière ce sigle se cache un écosystème de communautés numériques, décrit par le parquet national antiterroriste comme un espace qui glorifie les auteurs de tueries de masse et qui, sous certaines formes, pousse à la violence extrême. On les appelle les Columbiners, un nom tiré du lycée Columbine, dans le Colorado. En 1999, deux jeunes de 17 et 18 ans, lourdement armés, y ont abattu en quelques minutes douze camarades et un professeur avant de se donner la mort dans la bibliothèque. Les bombes artisanales qu’ils avaient préparées n’ont pas fonctionné. Sans cet échec, le bilan aurait été plus lourd encore.
En France, jamais un lien aussi direct n’avait été établi entre un passage à l’acte et ce profil de passionné de tueries de masse. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a décrit une communauté qui se tisse sur les réseaux sociaux, des jeunes qui s’isolent, se marginalisent, ne se rencontrent pas et parlent de tuerie de masse. Le phénomène vient notamment des États-Unis et du Canada, et les services de sécurité intérieure s’y adaptent, a-t-il ajouté, précisant que plusieurs dizaines de jeunes sont suivis à ce titre. Un rapport du Sénat, intitulé « Mascus, la nouvelle offensive contre les femmes », relevait déjà cette fascination morbide pour les tueries de masse au sein de la True Crime Community, peuplée de Columbiners admiratifs de Columbine. Le texte signalait aussi un rajeunissement drastique des profils menaçants, un passage à l’acte plus rapide et une forme de désensibilisation à la violence. En 2017, un lycéen de 16 ans avait ouvert le feu à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, blessant légèrement une dizaine de personnes, dont le proviseur. Ses réseaux sociaux débordaient d’images morbides. À l’époque, c’est surtout sa fragilité psychologique qui avait été mise en avant.
À lire aussi





PolitiqueEn Ligne 6 joursLecornu apaise les lycéens et annonce une baisse du carburant



PolitiqueEn Ligne 4 joursLes députés rejettent le budget 2027, Lecornu face à un casse-tête



Faits DiversEn Ligne 1 jourMimi Marchand jette l’éponge en pleine audience, Karine Le Marchand vide son sac



SociétéEn Ligne 5 joursTrois mille remplaçants débarquent dans les lycées les plus tendus



Faits DiversEn Ligne 5 joursRima Hassan porte plainte après une vidéo où un fusil est braqué vers la caméra



MondeEn Ligne 5 joursSantiago ensevelie sous la boue, un quartier cossu déclaré zone de catastrophe



ÉconomieEn Ligne 5 joursCarburant, la CGT serre les vannes dans les raffineries TotalEnergies



PolitiqueEn Ligne 5 joursLe Rassemblement national rate sa journée à l’Assemblée, bloqué par la gauche et le centre








