Politique
Lycéens et étudiants réclament un rendez-vous, l’exécutif renvoie à la fin octobre
Les organisations lycéennes et étudiantes veulent parler directement au chef du gouvernement, jugeant trop vagues les annonces faites jusqu’ici. Alors…


Les organisations lycéennes et étudiantes veulent parler directement au chef du gouvernement, jugeant trop vagues les annonces faites jusqu’ici. Alors qu’une nouvelle journée d’action se prépare, l’exécutif multiplie les gestes d’apaisement face à une mobilisation qui touche encore des centaines d’établissements.
Le message est simple. Les organisations de lycéens et d’étudiants veulent être reçues au sommet de l’État, et vite. Ryad Rani, qui préside l’Union syndicale lycéenne, l’a répété devant le ministère de l’Enseignement supérieur. Son organisation, dit-il, arrive avec des propositions chiffrées et réclame un rendez-vous avec le Premier ministre dès les prochains jours. Une exigence de calendrier qui pèse, à la veille d’un quatrième round de mobilisation.
Du côté de Matignon, on promet pour la fin octobre les premières décisions du gouvernement. Sébastien Lecornu a reconnu que la colère des jeunes ne venait pas de nulle part, et que personne ne pouvait rester insensible à ce qu’ils expriment. Il a aussi défendu l’idée de demi-journées banalisées dans les lycées, sans cours, pour laisser élèves et personnels faire remonter leurs difficultés. Une main tendue qui laisse pourtant beaucoup de monde dubitatif.
Beaucoup de lycéens n’y croient pas. Clara, élève de seconde au lycée Condorcet à Paris, ne pense pas que les ministres prennent les élèves au sérieux. Devant son établissement dont l’entrée est barrée par des poubelles, elle explique que ces temps d’échange n’auront d’intérêt que s’ils débouchent sur des mesures concrètes. Le principal syndicat des chefs d’établissement, le SNPDEN-Unsa, refuse même d’organiser cette journée et demande à être reçu, avec des élèves, par le président Emmanuel Macron.
L’exécutif, de son côté, tente de désamorcer la tension. Sébastien Lecornu a assuré que les forces de l’ordre n’avaient pas pour consigne d’affronter les lycéens. Son ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé la suspension des grenades assourdissantes tant que la lumière n’aurait pas été faite sur celle qui a blessé un adolescent de quinze ans à Lens. Devant les députés, il a défendu sa gestion du maintien de l’ordre sans esquisser le moindre changement de doctrine. Les chiffres qu’il a livrés donnent la mesure du climat. Depuis le début du mouvement, 215 élèves, 89 personnels de l’Éducation et 761 policiers ou gendarmes ont été blessés, plus de six mille six cents personnes ont été interpellées et dix-huit enquêtes visant les forces de l’ordre ont été ouvertes.
Sur le terrain, la pression retombe. La suspension totale ou partielle des cours touchait 459 établissements, contre près du double la veille. Les actions et perturbations concernaient 232 établissements, moitié moins que la veille. Plusieurs syndicats de l’Éducation ont malgré tout appelé à une journée de grève et de rassemblements. Et une majorité de Français approuve la mobilisation, entre soutien affirmé et simple sympathie. Un rassemblement est annoncé à la Bastille, avec des déclinaisons devant plusieurs préfectures d’Île-de-France, à Créteil, Bobigny, Cergy et Nanterre. Pierre, en terminale à Condorcet, prévient que la semaine sera noire et que les blocages se poursuivront chaque jour jusqu’à samedi.
Un autre front s’ouvre dans l’enseignement supérieur, où près de la moitié des établissements étaient perturbés. Le ministre Philippe Baptiste a reçu les syndicats, mais ceux-ci ont quitté la réunion pour dénoncer un budget 2027 jugé insuffisant et afficher leur soutien au mouvement lycéen et étudiant. La porte-parole de l’Union étudiante, Kharbach, a résumé la rencontre en quelques mots, expliquant qu’une heure avait été passée à brasser du vent et que le ministre n’avait donné aucune garantie ni repris la moindre proposition. Les lycéens réclament, eux, la suppression de Parcoursup, une demande que Philippe Baptiste refuse pour l’instant.
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