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A69, le camp se vide mais la colère reste bien accrochée

Après trois jours de concerts, de débats et de théâtre, les derniers opposants quittent petit à petit le campement installé dans le Tarn. L’autoroute doit…

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A69, le camp se vide mais la colère reste bien accrochée

Après trois jours de concerts, de débats et de théâtre, les derniers opposants quittent petit à petit le campement installé dans le Tarn. L’autoroute doit ouvrir dans les premiers jours de novembre, et du côté des militants, personne n’a l’intention de lâcher.

Dimanche en fin de journée, ils n’étaient plus qu’une centaine à occuper le terrain. Le camp monté jeudi à Cambounet-sur-le-Sor, à quelques encablures du tracé contesté, s’est vidé au fil des heures. La nuit précédente puis toute la journée de dimanche se sont déroulées sans le moindre accroc, dans la foulée d’un samedi lui aussi tranquille sur la voie publique. Les gendarmes, eux, ne plient pas encore le matériel. Leur dispositif reste actif jusqu’au départ du dernier manifestant.

Ce week-end avait été baptisé « la Dé-fête ». Au programme, des tables rondes, des concerts, des pièces de théâtre et des projections, étalés sur trois jours. Une manière de replonger dans les grands moments de la mobilisation, entamée au printemps 2023 avec les premiers coups de pelle. C’était le cinquième rendez-vous de ce genre organisé dans le Tarn. Samedi, ils étaient jusqu’à 1.500 selon les organisateurs, 1.100 d’après les services de l’État. Le cortège de l’après-midi a avancé en musique avant de s’immobiliser face à un important barrage des forces de l’ordre, dressé à environ 150 mètres de l’autoroute. Puis tout le monde a rebroussé chemin vers le campement.

En trois ans, l’opposition à ce chantier devenu un symbole des combats écologiques a emprunté des chemins très divers. Des défilés, bien sûr, mais aussi des grèves de la faim, des arbres occupés au cœur de zones à défendre, et des recours juridiques empilés les uns après les autres. Le point d’orgue reste juin 2024, quand 4.000 à 5.000 personnes s’étaient rassemblées, avec des affrontements violents à la clé.

Cette fois, le rapport de force s’est joué sans heurt. Il faut dire que l’échéance approche. Le concessionnaire de l’infrastructure a annoncé vendredi que l’artère de 53 kilomètres reliant Toulouse à Castres serait mise en service durant la première semaine de novembre. Un horizon qui ne décourage pas les plus déterminés. Samedi, l’un des organisateurs a résumé l’état d’esprit général en expliquant que les opposants étaient, restaient et resteraient « ce caillou dans leur chaussure ». Et d’ajouter que même si l’autoroute s’apprête à ouvrir, ce bras de fer a déjà ouvert la porte à d’autres batailles, gagnées celles-là.

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