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Lula fait du repos des travailleurs son arme pour renverser la présidentielle brésilienne

À São Paulo, le chef de l’État brésilien a rassemblé une foule immense sur l’avenue Paulista pour défendre une réforme qui promet un deuxième jour de…

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Lula fait du repos des travailleurs son arme pour renverser la présidentielle brésilienne

À São Paulo, le chef de l’État brésilien a rassemblé une foule immense sur l’avenue Paulista pour défendre une réforme qui promet un deuxième jour de repos hebdomadaire et une semaine de travail raccourcie. À deux semaines du second tour, il joue cette carte sociale pour tenter de combler son retard sur son adversaire de droite.

Une marée humaine habillée de rouge a envahi l’avenue Paulista, à São Paulo, dimanche. Autour de Luiz Inácio Lula da Silva, les sympathisants du Parti des travailleurs sont venus porter une revendication simple et très populaire, celle d’un jour de repos supplémentaire chaque semaine. Le président brésilien, qui brigue un quatrième mandat, sait qu’il joue gros. Devancé au premier tour par le sénateur de droite populiste Flavio Bolsonaro, crédité de 47 % des voix contre 45 %, il lui reste deux semaines pour inverser la tendance. Aucune estimation indépendante du nombre de participants n’était disponible ce jour-là.

Son pari tient en un texte que le Sénat doit examiner mercredi. Baptisé « fin du système 6×1 », le projet prévoit deux jours de repos rémunérés là où il n’y en a qu’un aujourd’hui, et ramène le plafond de la semaine de travail de 44 à 40 heures. La Chambre des députés l’a déjà validé en mai. Lula espère réunir assez de soutiens pour le faire adopter et il en a fait son principal étendard de campagne, en mettant en avant l’amélioration des conditions de travail comme argument de fond.

Il a aussi directement interpellé le camp d’en face. Flavio Bolsonaro « doit dire s’il est pour que les travailleurs se reposent davantage ou pour qu’ils continuent à travailler davantage », a-t-il lancé aux journalistes. Le sénateur, lui, balaie l’initiative et la juge opportuniste. Il défend de son côté un plan de réduction des dépenses publiques inspiré du président argentin Javier Milei, et les sondages le placent pour l’instant en favori, deux semaines avant le scrutin.

Dans le cortège, la réforme n’a rien d’un débat technique. Maria Marta Nascimento de Lima, fonctionnaire de 40 ans, résume ce qu’elle est venue défendre. « Le Brésil doit rester sur la ligne de la préservation des droits des travailleurs. Lula, en ce moment, a besoin que le peuple soit à ses côtés dans la lutte pour maintenir ces droits. » Robert Eduardo, qui travaille dans la santé, dit la même chose avec d’autres mots, être là « pour pouvoir lutter pour les droits que nous avons conquis et pour qu’il n’y ait aucun recul ».

Le décor politique reste ambigu pour le président sortant. Il achève son mandat avec un chômage au plus bas historique, un argument qu’il peut brandir. Mais les craintes autour de la baisse du pouvoir d’achat pèsent sur le quotidien des Brésiliens, et c’est précisément sur ce terrain que se jouera la fin de la campagne.

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