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L’aéroport de Riyad touché de nouveau, une escalade inédite depuis 2014

Un projectile non identifié a atteint le terminal 4 de l’aéroport international King Khalid, provoquant un incendie, au lendemain d’une attaque qui a tué…

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L'aéroport de Riyad touché de nouveau, une escalade inédite depuis 2014

Un projectile non identifié a atteint le terminal 4 de l’aéroport international King Khalid, provoquant un incendie, au lendemain d’une attaque qui a tué douze personnes. Les Houthis avaient prévenu la veille que l’espace aérien saoudien restait une cible.

L’aéroport international King Khalid a de nouveau été pris pour cible ce dimanche. Un projectile non identifié a atteint le terminal passagers numéro 4 et un incendie s’est déclaré dans le bâtiment, rapporte le porte-parole de la coalition militaire, le général Turki Al-Malki. Le même responsable annonce l’interception d’un missile de croisière dans les environs de l’aéroport. Comme la veille, personne n’a revendiqué l’attaque dans l’immédiat.

La frappe de samedi, elle, a coûté la vie à douze personnes et fait 309 blessés. Parmi les victimes figurent quatre Saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais. Un diplomate occidental en poste à Riyad estime que le bilan pourrait encore s’alourdir. « J’ai vu des blessés. Tout le monde courait », raconte un passager qui attendait un vol près du terminal touché.

C’est l’attaque la plus meurtrière dans le royaume depuis août 2015, quand un attentat suicide du groupe État islamique avait tué quinze personnes. L’ampleur de ces tirs sur la capitale saoudienne n’a pas d’équivalent depuis le début, en 2014, de la guerre au Yémen entre les Houthis et les forces gouvernementales, soutenues depuis 2015 par une coalition conduite par Riyad. La coalition impute la frappe de samedi aux rebelles pro-iraniens et dénonce un « crime de guerre », promettant de répondre « avec fermeté ». Une source diplomatique attribue elle aussi le tir à un missile houthi.

Les Houthis n’ont pas attendu pour prévenir. Par la voix de leur porte-parole militaire Yahya Saree, ils ont appelé les voyageurs, les employés et les compagnies aériennes à éviter l’espace aérien et les aéroports saoudiens, à l’exception de ceux des villes saintes de La Mecque et de Médine. Ceux qui s’y risquent « sont exposés aux frappes », avertit-il. Mercredi et jeudi déjà, le mouvement avait revendiqué des tirs contre l’aéroport de Ryad, faisant six morts au total.

Les condamnations ont afflué. Benjamin Netanyahu parle d’une « horrible attaque terroriste » et Donald Trump juge que ce qui s’est passé n’est « pas acceptable », évoquant une possible participation militaire américaine aux côtés de Riyad et un entretien à venir avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. Washington n’avait jusqu’ici pas donné suite aux demandes saoudiennes de soutien. L’ONU, Paris, Londres, Berlin, Doha, Amman, Moscou, Bagdad et Islamabad ont également réagi, tout comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui évoque une « escalade dangereuse ». Les Émirats arabes unis, pourtant en froid diplomatique avec Riyad, ont affiché leur solidarité.

Sur place, l’aéroport tourne au ralenti. Les opérations y sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, le radar et les équipements de communication ayant été endommagés, et l’état des pistes doit encore être évalué. Plusieurs ambassades étrangères conseillent à leurs employés d’éviter le site pendant une semaine. Le calendrier tombe mal, le royaume doit accueillir ce mois-ci une série de grandes conférences internationales. Des entreprises du centre d’affaires de Riyad ont basculé leur personnel en télétravail et les écoles de la capitale sont passées à l’enseignement à distance pour la semaine.

Au Yémen, les combats continuent. Depuis une offensive éclair lancée en septembre, les Houthis contrôlent le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, en mer Rouge, ce qui a déclenché une contre-offensive du camp gouvernemental. Des sources militaires de ce camp assurent avoir progressé autour du détroit sans réussir à le sécuriser. Un responsable houthi affirme de son côté que le mouvement tient toujours l’île de Mayyoun, au cœur de ce passage dont l’importance a grimpé depuis que Téhéran restreint la navigation dans le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique. Dimanche, les Houthis ont fait état de deux frappes saoudiennes sur le gouvernorat de Sanaa.

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