Économie
Washington déclenche l’offensive contre l’acier produit en trop
À Milwaukee, les États-Unis ont rassemblé leurs partenaires du G20 pour dénoncer une offre mondiale d’acier qui écrase les prix et fragilise des pans…

À Milwaukee, les États-Unis ont rassemblé leurs partenaires du G20 pour dénoncer une offre mondiale d’acier qui écrase les prix et fragilise des pans entiers de l’industrie. La Chine est dans le collimateur, elle refuse d’endosser le rôle du coupable.
Profitant de son statut d’hôte, l’exécutif américain a ouvert les discussions commerciales du G20 par une charge contre la surproduction d’acier, réunissant à Milwaukee, dans le Wisconsin, les membres du Forum mondial sur les surcapacités. Ce regroupement, né il y a près de dix ans, rassemble notamment l’Union européenne, le Canada et le Japon. Dans le viseur de Washington, Pékin, accusé de produire bien au-delà de ses besoins et de déverser ses excédents sur la planète, ce qui déréglerait la concurrence. La ville n’a pas été choisie au hasard, elle se situe à deux pas de la frontière canadienne, l’un des fronts de la guerre commerciale menée par la Maison Blanche.
De cette rencontre est sortie une feuille de route, baptisée du nom de la ville, qui appelle à une meilleure coordination face à ce que ses signataires décrivent comme une crise qui ne cesse de s’aggraver. Le mécanisme est bien connu. Trop d’offre fait chuter les prix et met en difficulté les entreprises incapables de s’aligner. Selon les projections citées, l’excédent mondial d’acier grimperait à 745 millions de tonnes d’ici à 2028, soit 24 % de plus qu’en 2024. Les documents qui accompagnent le texte désignent sans détour la Chine. Pékin rejette cette lecture.
Jamieson Greer, le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce, a défendu la démarche devant la presse, jugeant que les États-Unis avaient pris des mesures robustes et qu’il était probablement logique que d’autres pays en fassent autant. Il n’a pas précisé s’il souhaitait les voir relever à leur tour leurs barrières face à l’acier chinois. Le président américain, lui, a alourdi les droits de douane sur l’acier importé dès son retour au pouvoir. La feuille de route prévoit aussi que les signataires s’abstiennent de subventionner leur industrie de manière anticoncurrentielle.
La situation ne manque pas de sel. Washington réunit des partenaires qu’il n’a guère épargnés, entre taxes à l’importation, accusations de pénaliser les producteurs américains et reproches de fermer les yeux sur le travail forcé. Avant même l’ouverture des débats, le ministre polonais des Finances Andrzej Domanski a plaidé pour un abaissement des barrières, rappelant que les droits de douane nuisent aux entreprises comme aux consommateurs et nourrissent l’inflation. La Pologne, invitée par les États-Unis à suivre l’ensemble des travaux, n’est pourtant pas membre permanent du G20. L’Afrique du Sud, elle, a été écartée sur fond de désaccords politiques à répétition.
Jamieson Greer a tenu à balayer l’idée d’une politique hostile aux échanges, assurant que Washington ne cherchait pas à fermer la porte. Interrogé sur une éventuelle détente avec le Canada, dont certains produits sont désormais bloqués à l’entrée du territoire américain, il a répondu que ce n’était pas une urgence pour son pays. Les chefs d’État du G20 se retrouveront pour leur part dans un complexe de golf appartenant au président américain, à Miami, afin de refermer ce cycle de rencontres.
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