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Bab el-Mandeb, le détroit que les Houthis veulent verrouiller coûte que coûte

Les rebelles yéménites ont pris pied sur les côtes de ce passage clé entre Asie et Europe, et cherchent désormais à y rester. Face à eux, une armée…

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Bab el-Mandeb, le détroit que les Houthis veulent verrouiller coûte que coûte

Les rebelles yéménites ont pris pied sur les côtes de ce passage clé entre Asie et Europe, et cherchent désormais à y rester. Face à eux, une armée soutenue par l’aviation saoudienne mène une guerre d’usure, tandis que Ryad durcit le ton.

Tout s’est joué en quelques jours. Après avoir lancé leur offensive et raflé les zones côtières du détroit de Bab el-Mandeb, les Houthis soutenus par l’Iran tentent maintenant de transformer ce coup de force en position solide. Leur priorité est limpide. Sécuriser le flanc oriental de ce passage maritime qui relie l’Asie à l’Europe via le canal de Suez, consolider leur emprise sur un axe commercial majeur et empêcher une contre-attaque des forces gouvernementales.

Les combats se concentrent dans les régions de Taëz et de Lahj, à l’intérieur des terres et sur les hauteurs qui surplombent les côtes tout juste conquises. Sur place, les combattants pro-iraniens tentent aussi d’étouffer Taëz, troisième ville la plus peuplée du pays, en coupant la route principale qui la relie à Aden, où siège le gouvernement reconnu au niveau international. Sauf que la résistance est rude, et l’avancée ne se fait pas comme prévu.

Après des débuts difficiles, les forces gouvernementales ont retrouvé leur capacité de défense, portées par le soutien décisif de l’aviation saoudienne. Côté houthi, on admet volontiers que les frappes aériennes freinent la progression sur le terrain. Cette guerre d’usure vise un but précis. Infliger des pertes lourdes aux rebelles et les empêcher de convertir leurs gains territoriaux en gains politiques. Plus la pression monte sur le littoral de la mer Rouge, moins le mouvement a les moyens d’ouvrir de nouveaux fronts. À terme, une autre cible pourrait attirer les regards, la région de Marib, riche en ressources énergétiques, au centre du pays. Son contrôle offrirait des revenus essentiels. Des tentatives de médiation ont été menées auprès des tribus locales, mais rien ne laisse penser que les autorités de Marib soient prêtes à céder.

Ryad, de son côté, a changé de posture. Menacée sur son propre territoire et sur ses exportations pétrolières en mer Rouge, l’Arabie saoudite s’est tournée vers ses partenaires internationaux. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a pressé le président américain Donald Trump d’intervenir et de frapper les Houthis, sans résultat pour l’instant. Les états-majors saoudien, turc et pakistanais, liés par des accords de défense mutuelle, se sont réunis à Ryad sans qu’aucune annonce ne filtre. Le grand mufti d’Arabie saoudite Saleh al-Fawzan a, lui, appelé les soldats à se tenir prêts à remplir leur devoir, et prié pour l’éradication du mouvement houthi et de ses soutiens. Un glissement net. Longtemps fondée sur l’endiguement et la dissuasion, la stratégie saoudienne s’oriente vers une approche militaire bien plus offensive.

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