Culture
Marine Le Pen pose un ultimatum pour sa candidature à l’Élysée
À une semaine du verdict en appel, la cheffe de file du Rassemblement national affirme ne pas craindre la décision des juges. Mais elle prévient qu’elle…


À une semaine du verdict en appel, la cheffe de file du Rassemblement national affirme ne pas craindre la décision des juges. Mais elle prévient qu’elle ne pourra pas mener campagne si elle doit porter un bracelet électronique.
Le 7 juillet prochain, la cour d’appel rendra son jugement dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Marine Le Pen, condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, sait que son avenir politique se joue en grande partie ce jour-là. Pourtant, elle se dit calme et sereine. La peur n’est pas un sentiment qui lui est familier, explique-t-elle. Elle promet de continuer à se battre pour ses idées quoi qu’il arrive, mais elle fixe aussi une limite claire. Si la peine d’inéligibilité est réduite à deux ans ou moins, elle pourrait se présenter à la présidentielle. Mais à une condition. Elle refuse d’être entravée par un bracelet électronique dans sa campagne.
Pour Marine Le Pen, être candidate à la présidentielle exige une liberté de mouvement totale. Elle ne peut pas imaginer devoir demander l’autorisation d’un magistrat pour se rendre à un meeting ou sur un marché. Avec trois campagnes derrière elle, elle juge cette contrainte incompatible avec la fonction. Si les juges l’autorisent à se présenter mais l’obligent à porter un bracelet, elle estime que ce ne sera pas possible. Elle mesure le poids qui pèse sur les épaules des magistrats, dit-elle, comme pour leur renvoyer la responsabilité de leur décision. Son attitude reste bravache. Elle rappelle qu’elle a la peau dure et que ceux qui voudraient la tuer politiquement doivent avoir une lame bien aiguisée.
Derrière elle, Jordan Bardella se tient prêt à prendre le relais. Le président du RN a la force et le souffle de la jeunesse, affirme-t-elle. Mais lui aussi fait face à des procédures judiciaires pour des soupçons d’emploi fictif et de dépenses irrégulières à Bruxelles. Marine Le Pen voit là un hasard qui n’en est pas un, à moins d’un an de la présidentielle. Elle défend également son dauphin contre les critiques sur sa vie privée et jure qu’elle ne jouera jamais le rôle de tutrice. Elle veut laisser Jordan Bardella totalement libre, contrairement à ce qu’elle a vécu avec son propre père il y a quinze ans. Une manière de montrer qu’elle a tiré les leçons du passé.
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