Sports
Kaïla Issoufi renverse les reines du judo et file en finale mondiale
La Française de 25 ans s’est offert les numéros 1 et 4 mondiales pour s’ouvrir les portes de la finale des -78 kg à Bakou. Elle y affrontera Yelyzaveta…


La Française de 25 ans s’est offert les numéros 1 et 4 mondiales pour s’ouvrir les portes de la finale des -78 kg à Bakou. Elle y affrontera Yelyzaveta Lytvynenko, n°2 mondiale, avec l’or ou l’argent au bout.
Le clan tricolore attendait ça depuis l’ouverture des championnats du monde de judo de Bakou. Jusqu’ici, la France n’avait récolté que deux médailles de bronze, l’une grâce à Shirine Boukli chez les -48 kg, l’autre par Dayyan Boulemtafes chez les -73 kg. Kaïla Issoufi vient de changer la donne en se hissant en finale des -78 kg. Quoi qu’il arrive, elle repartira donc avec l’or ou l’argent.
À 25 ans, la judokate reste peu connue du grand public. Son parcours parle pour elle. Elle a décroché le bronze aux championnats d’Europe en avril, puis remporté son premier Grand Slam en février à Tashkent. Ces résultats l’ont installée au cinquième rang mondial. Et quelle que soit l’issue de la finale, elle tiendra sa toute première médaille mondiale chez les seniors.
Sa journée a ressemblé à un enchaînement parfait. Exemptée du premier tour, elle a expédié ses deux premiers combats sur ippon, d’abord contre la Lituanienne Migle Julija Dudenate, 27e mondiale, au bout de 3 minutes et 17 secondes, puis face à l’Ukrainienne Anna Kazakova, 62e, en 2 minutes et 18 secondes. En quarts de finale se dressait la Japonaise Kurena Ikeda, quatrième mondiale. Issoufi l’avait déjà battue à Lausanne en août. Elle a remis ça, au golden score, après 5 minutes et 3 secondes de combat.
La suite a pris des allures de sommet. En demi-finale, la Française a croisé la numéro 1 mondiale, l’Allemande Anna Monta Olek, vice-championne du monde en titre. Un yuko a suffi pour faire tomber la favorite, exactement comme à Tashkent, où Issoufi l’avait déjà dominée en finale.
Reste l’ultime marche. Elle aura face à elle Yelyzaveta Lytvynenko, deuxième mondiale, née en Ukraine et désormais sous les couleurs des Émirats. Les deux femmes ne se sont affrontées qu’une seule fois, l’an dernier à Dubaï, et c’est la Française qui s’était imposée. Un précédent qui peut peser dans les têtes au moment de monter sur le tapis.
Lytvynenko s’est d’ailleurs offert un autre scalp français sur sa route. Audrey Tcheuméo, championne du monde en 2011 et toujours en lice à 36 ans, est tombée en huitièmes de finale, battue sur ippon en 1 minute et 49 secondes. La Française avait pourtant écarté la Britannique Emma Reid grâce à un waza-ari. Son tournoi s’est arrêté là, et la suite de la compétition s’est jouée sans elle.
Chez les hommes, en revanche, tout est déjà terminé pour les Bleus. Aucun d’eux n’a été retenu dans les catégories des -100 kg et des +100 kg, et le bilan tricolore reste vide de la moindre médaille. Le contraste avec la trajectoire d’Issoufi saute aux yeux. Il ne reste plus qu’un combat à la Française pour transformer une journée exceptionnelle en titre mondial.
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