Économie
Air Corsica clouée au sol par la première grève de son histoire
Un quart des vols de la compagnie corse ont été supprimés ce vendredi, entre départs et arrivées. Les pilotes réclament des hausses de salaire et pointent…


Un quart des vols de la compagnie corse ont été supprimés ce vendredi, entre départs et arrivées. Les pilotes réclament des hausses de salaire et pointent une situation financière déjà fragilisée par l’immobilisation de plusieurs appareils.
La compagnie Air Corsica a vu rouge ce vendredi. Neuf de ses 33 vols au départ des aéroports de l’île ont été annulés, à Ajaccio, Bastia, Figari et Calvi, selon les sites internet des aéroports. Huit vols ont également été supprimés à l’arrivée. Soit environ un quart du programme total de la journée, premier jour d’un mouvement social inédit dans l’histoire de l’entreprise.
Le bras de fer oppose les syndicats SNPL et SPAC, qui représentent les 140 pilotes de la compagnie, à la direction. La grève court du 9 au 16 octobre, avec une revendication claire, des augmentations de salaire. Pour justifier leur mobilisation, les organisations syndicales rappellent dans un communiqué commun que les pilotes ont accepté ces dernières années un gel de leur rémunération pendant deux ans, ainsi que la perte d’un nombre significatif de jours de congé. Le tout, disent-ils, pour permettre à l’entreprise de se développer.
La direction, de son côté, minimise l’ampleur des perturbations. Elle assure qu’« une grande majorité de notre programme de vols est assurée », en s’appuyant sur l’affrètement d’appareils plus capacitaires qui permettent de regrouper des vols. Elle souligne aussi que le nombre de vols annulés « ne constitue pas un indicateur représentatif de l’activité réellement opérée ».
Cette grève tombe au pire moment pour Air Corsica. Depuis septembre, cinq de ses sept avions ATR 72-600 sont immobilisés par précaution, après la détection d’« odeurs inhabituelles » d’huile dans les postes de pilotage. Pour continuer à faire voler ses passagers, la compagnie loue des avions à d’autres transporteurs, une solution qui lui coûte « un million d’euros par mois », selon Pierre Muracciole, président de son directoire.
Face à ce contexte tendu, les deux syndicats affirment avoir proposé un compromis. Leur idée, conclure dès maintenant un accord salarial valable quatre ans, mais en différer l’application de plusieurs mois, le temps que la compagnie surmonte ses difficultés actuelles. En réponse, Pierre Muracciole assure avoir mis sur la table une prise en charge du chômage partiel qui va toucher une partie des pilotes, surtout ceux affectés aux ATR cloués au sol, ainsi qu’une hausse de salaire qualifiée de « tout à fait significative », de plusieurs milliers d’euros par pilote.
Créée en 1990, Air Corsica exploite sept Airbus et sept ATR. Détenue à 66,8 % par la Collectivité de Corse, elle se place au troisième rang des compagnies aériennes françaises, derrière Air France et Transavia, avec 2,29 millions de passagers transportés en 2024. Le conflit actuel constitue la toute première grève de son histoire.
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