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Après Marine Le Pen, Édouard Philippe dénonce un programme agricole dangereux

Deux jours après le passage de Marine Le Pen au Sommet de l’élevage, Édouard Philippe a accusé sa rivale de proposer des mesures dangereuses pour les…

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Après Marine Le Pen, Édouard Philippe dénonce un programme agricole dangereux

Deux jours après le passage de Marine Le Pen au Sommet de l’élevage, Édouard Philippe a accusé sa rivale de proposer des mesures dangereuses pour les agriculteurs. Le candidat Horizons a profité de sa visite pour défendre ses propres priorités pour un secteur en pleine crise.

Édouard Philippe s’est rendu vendredi au Sommet de l’élevage de Cournon d’Auvergne, dans le Puy-de-Dôme, deux jours seulement après la visite de Marine Le Pen. Le candidat Horizons à la présidentielle n’a pas mâché ses mots. Selon lui, la patronne du Rassemblement national avance des mesures « extrêmement dangereuses » pour le monde agricole et « contraires à l’intérêt de la France ». Une charge lancée devant des éleveurs plongés dans une crise à multiples facettes.

Le cœur du reproche porte sur l’Europe. Édouard Philippe affirme que Marine Le Pen veut rétablir une tarification nationale, autrement dit des droits de douane français, ce qui reviendrait peu à peu à vider l’Union de sa substance. Il lui reproche aussi de vouloir couper fortement dans le financement européen. « Elle n’ose pas dire qu’elle veut sortir de l’Europe », a-t-il lancé, avant d’ajouter que ses propositions détruiraient la cohésion du continent. Pour l’ancien Premier ministre, une Europe affaiblie dans sa capacité à dialoguer avec les grandes puissances, qu’il s’agisse de l’Amérique du Sud, du Canada, de l’Inde ou de la Chine, serait une Europe très faible. Un mauvais calcul, selon lui, pour les agriculteurs français eux-mêmes.

Le maire du Havre, donné comme le mieux placé du bloc central en cas de second tour face à Marine Le Pen, a profité de son passage pour répéter ses trois priorités. D’abord, aligner les normes françaises sur celles des concurrents européens, qu’il s’agisse de l’Italie, de l’Allemagne, de la Pologne ou de l’Espagne. Ensuite, mieux stocker, réutiliser et utiliser l’eau, sans quoi l’agriculture ne pourra pas s’adapter au changement climatique. Enfin, faciliter la reprise des exploitations au moment de la retraite, avec un accompagnement, notamment financier. Il n’est pas entré dans le détail.

Sur le terrain, les accueils ont été bien différents. Marine Le Pen a reçu mercredi un accueil chaleureux, même si ses détracteurs pointent ses contradictions. Elle promet de se battre pour éviter une baisse de la PAC, après avoir menacé Bruxelles d’un bras de fer pour réduire la contribution française au budget européen. Édouard Philippe, lui, a été reçu avec prudence par des éleveurs confrontés à une sécheresse exceptionnelle et à la flambée de leurs charges, carburants et intrants en tête. Fait notable, les deux candidats finissent par se rejoindre sur plusieurs thèmes. Marine Le Pen a elle aussi évoqué mercredi la suppression des surtranspositions de normes, la facilitation du stockage de l’eau et la transmission des exploitations, via une révision du Pacte Dutreil.

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