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Sans banque, une campagne peut encore trouver de l’argent

Le parti reste autorisé à prêter des fonds à sa candidate, et les particuliers peuvent aussi jouer le jeu sous conditions. Le gendarme des comptes de…

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Sans banque, une campagne peut encore trouver de l'argent

Le parti reste autorisé à prêter des fonds à sa candidate, et les particuliers peuvent aussi jouer le jeu sous conditions. Le gendarme des comptes de campagne rappelle par ailleurs que les influenceurs entrent peu à peu dans le viseur.

Le refus des banques françaises de financer la course de Marine Le Pen n’a rien d’insoluble. Christian Charpy, qui préside la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, le dit sans détour. Une candidate qui pèse lourd dans l’électorat doit pouvoir mener sa campagne, et c’est un enjeu démocratique. Sauf que la Commission ne peut pas forcer un établissement bancaire à ouvrir sa caisse, ni autoriser un candidat à emprunter directement auprès de simples particuliers. Elle ne peut que regarder la situation telle qu’elle est.

D’autres portes restent pourtant ouvertes. Le parti peut prêter de l’argent à sa candidate sur ses fonds propres, et il touche 15 millions d’euros d’aide publique chaque année. Il peut aussi emprunter lui-même auprès de particuliers, à condition que ces derniers ne fassent pas de prêt leur métier. Avec les scrutins qui s’enchaînent en 2022, 2024, 2026 et 2027, les mêmes prêteurs risquent d’être sollicités à répétition. Un casse-tête en perspective.

L’argent ne circule pas seulement par les voies classiques. La période où la publicité électorale payante est interdite a débuté le 1er octobre. Depuis, impossible de rémunérer un influenceur pour un podcast ou une émission qui soutient un candidat. Quand un candidat l’invite à une conférence de presse ou à un meeting, les frais doivent apparaître noir sur blanc dans les comptes. Mais si l’influenceur s’engage de lui-même, sans être payé ni sollicité, c’est sa liberté d’opinion qui parle. Ailleurs, en Lettonie, où les ingérences étrangères pèsent lourd, les autorités cherchent comment mesurer le poids de ces personnalités très suivies. Un influenceur aux dizaines de milliers d’abonnés pourrait un jour être valorisé dans un compte de campagne. La France n’en est pas encore là.

Le reste du contrôle se joue en coulisses. Les équipes surveillent meetings, déplacements et prises de parole sur les réseaux. Une chaîne de télévision qui relaierait les idées d’un candidat ne peut pas être requalifiée en dépense par la Commission, qui ne juge pas le contenu éditorial des médias. L’Arcom, elle, veille à l’équilibre du traitement de l’information. Une fois les comptes déposés, chaque dépense est passée au crible. Une salle prêtée par une mairie, si elle ne l’a pas été dans les mêmes conditions pour tout le monde, devient un concours interdit. Les plafonds sont posés, 16,9 millions d’euros au premier tour et 22,5 millions pour les deux finalistes. La Commission travaille aussi main dans la main avec Tracfin pour traquer les financements occultes ou le blanchiment. Un compte non validé, et le remboursement de l’État peut tomber à l’eau.

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