Politique
La gauche sociale-démocrate part en quête d’un champion pour 2027
Quelque 140.000 électeurs ont rendez-vous dès vendredi pour désigner leur candidat à la présidentielle. Raphaël Glucksmann fait figure de favori, mais le…

Quelque 140.000 électeurs ont rendez-vous dès vendredi pour désigner leur candidat à la présidentielle. Raphaël Glucksmann fait figure de favori, mais le duel avec Olivier Faure se joue sur une question qui déchire toute la gauche.
Cinq noms sont sur la ligne de départ. Raphaël Glucksmann, eurodéputé de Place publique et favori de l’épreuve, a face à lui le patron du PS Olivier Faure, son principal adversaire. Autour d’eux, Ségolène Royal, déjà candidate à la présidentielle en 2007, le député socialiste Jérôme Guedj et le député de La Gauche républicaine et socialiste Emmanuel Maurel complètent la liste. Le vote démarre vendredi, se déroule entièrement par voie électronique et se referme samedi soir. Le verdict tombera dans la foulée, et si un second tour s’avère nécessaire, il faudra revenir les 16 et 17 octobre.
Derrière les noms, une question empoisonne toute la campagne, celle d’un rapprochement avec La France insoumise. Trois débats télévisés, parfois rugueux, ont rendu la fracture impossible à masquer. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj refusent catégoriquement cette alliance. Ils reprochent au leader insoumis Jean-Luc Mélenchon de jouer avec les codes de l’antisémitisme et préviennent qu’un accord avec la formation radicale mènerait droit à la défaite. En face, Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel plaident pour un rassemblement de toute la gauche à l’Assemblée. Les premiers accusent les seconds de « soumission » à LFI.
La réciproque est vraie. Olivier Faure et Ségolène Royal soupçonnent Raphaël Glucksmann de vouloir se tourner vers le centre. Jeudi, la tension est montée d’un cran. Le patron du PS a estimé qu’une victoire de l’eurodéputé signifierait l’« effacement » du Parti socialiste dans la présidentielle, après que Ségolène Royal a dénoncé un « hold-up » sur le parti. Réponse de l’intéressé, qui y voit des « attaques désespérées de dernière minute ».
Depuis Nancy, Raphaël Glucksmann a posé les termes du scrutin à sa façon. Ce vote porte selon lui sur les « options stratégiques » et sur la place que la gauche veut occuper dans la présidentielle. Il en est convaincu, l’élection de 2027 est gagnable. Olivier Faure, lui, se garde de tout pronostic. En déplacement dans le bassin minier, il rappelle que personne ne sait vraiment qui compose ce corps électoral ni qui s’y est inscrit.
Les chiffres donnent le vertige à ceux qui gardent en mémoire 2012. Environ 140.000 électeurs se sont inscrits, bien au-delà des 90.000 espérés, mais très loin des 2,6 à 2,8 millions de votants qui avaient porté François Hollande. Raphaël Glucksmann veut y lire un signal positif. Il espère que cet élargissement « corresponde aux sympathisants de notre espace politique », ce qui, admet-il, a de quoi nourrir son espoir.
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