Politique
Il a résolu une énigme mathématique en prison et défie le pouvoir russe
Emprisonné depuis 2019 pour ses idées anarchistes, ce mathématicien de 33 ans a réussi l’impensable en résolvant une conjecture mathématique depuis sa…


Emprisonné depuis 2019 pour ses idées anarchistes, ce mathématicien de 33 ans a réussi l’impensable en résolvant une conjecture mathématique depuis sa cellule. Son transfert dans une prison sibérienne où il subit de graves tortures révèle la violence du régime russe.
Azat Miftakhov n’a pas la vie facile en prison. Pourtant, à l’automne 2025, une lettre inattendue lui offre une bouffée d’air. Un mathématicien français, Bernard Randé, lui propose de travailler sur la conjecture de Chui, un problème non résolu depuis plus de cinquante ans. Avec seulement un stylo et des feuilles, pendant quatre mois, Azat se plonge dans les calculs. Il finit par trouver la solution. Il l’écrit proprement sur du papier à en-tête de la prison et la renvoie. Ce travail doit être publié dans une revue mathématique française en juillet 2026.
Mais cet exploit scientifique cache une histoire politique très dure. Azat est anarchiste. En 2019, il est arrêté et accusé d’avoir fabriqué un engin explosif. Au poste, les agents le frappent, le menacent avec un tournevis et lui promettent un viol pour lui faire avouer. Il refuse. Les charges tombent vite, faute de preuves. Mais à sa sortie, il est de nouveau arrêté pour avoir lancé un fumigène dans un bâtiment du parti au pouvoir. Un témoin secret l’identifie grâce à ses « sourcils expressifs ». Il est condamné à six ans de prison. En détention, sa bisexualité est exposée, ce qui le place tout en bas de la hiérarchie carcérale. Il subit humiliations et insultes quotidiennes.
Libéré en septembre 2023, Azat est immédiatement réarrêté. Cette fois, on l’accuse de « justification du terrorisme ». Des codétenus affirment qu’il aurait approuvé un attentat-suicide d’un militant anarchiste de 17 ans. Azat nie encore. Il est condamné à quatre ans de prison. En avril 2026, il est transféré dans la colonie pénitentiaire IK-18, surnommée « Hibou polaire », située dans l’Arctique sibérien. C’est près de la prison où Alexeï Navalny est mort en 2024. Dès son arrivée, deux détenus le rouent de coups, lui électrocutent les doigts de pied, le menacent de viol. On diffuse de la musique pop pour couvrir ses cris. Il porte plainte. Le bureau du procureur local affirme n’avoir trouvé aucune preuve de sévices. Mais Azat ne cède pas. Il maintient son témoignage malgré les pressions.
Ses proches ne baissent pas les bras. Son épouse, Elena Gorban, envoie recours sur recours. En France, des personnalités politiques comme Jean-Luc Mélenchon ou Cédric Villani soutiennent sa cause. L’association Solidarité FreeAzat espère même un échange de prisonniers avec la Russie. Azat doit être libéré officiellement en 2027. Mais sa femme redoute une nouvelle arrestation immédiate. Depuis son transfert à Kharp, elle n’a reçu aucune réponse à ses lettres. L’administration lui a refusé quatre fois l’accès à son mari. Pourtant, même depuis sa cellule, Azat continue de résister. Il a montré qu’un cerveau peut rester libre, même quand le corps est enfermé.
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